Tout ce qu’il faut savoir sur la première moto électrique de Fuell : la Fllow

La Fllow de Fuell est une drôle de moto électrique, mais elle fait très bien son travail.

Julien Vaïssette

Fanatique d'Excel, adepte de Camus & ingénieur en mécanique — Suivez la conception de mon prototype de moto électrique en cliquant ici.

Fllow Fuell moto électrique puissante

La première fois que j’ai entendu parler de la moto de Fuell, c’était lorsque je m’étais lancé dans l’analyse de toutes les motos électriques puissantes du marché.

Je voulais établir un classement, histoire d’y voir plus clair dans cet océan de modèles de motos électriques. Vous pouvez le retrouver ici.

Sur ce marché, on trouve donc la Fllow.

Et non contente de dénoter par son design, elle s’installe confortablement sur le podium des motos électriques de son segment.

Les performances de la Fllow sont imbattables

  • Puissance moteur : 35 kW (permis A2)
  • Couple dans la roue : 750 Nm
  • Vitesse maximale : 90 km/h (« 140 km/h sur demande ? »)
  • Temps de passage de 0 à 100 km/h : 2,7 secondes (?)
  • Capacité batterie : 10 kWh
  • Temps de recharge : 30 minutes sur prise T2
  • Autonomie : 240 km en ville
  • Poids : 180 kg
  • Empattement : 1370 mm
  • Angle de chasse : 25-26° (mesuré sur les images disponibles, car cette information n’est pas communiquée)

Une autre moto électrique accessible aux permis A2.

C’est une excellente nouvelle, et un excellent positionnement de la part de Fuell pour sa moto.

Du reste, la Fllow est très surprenante : avec sa puissance plutôt modeste de seulement 35 kW, elle promet un passage de 0 à 100 km/h en 2,7 secondes.

Elle se paye donc le luxe de faire mieux que la SR/F, la Livewire et la Ego, qui sont pourtant relativement musclées. Ce n’est néanmoins pas si étonnant quand on voit le couple monumental dans sa roue (presque égal à celui de la SR/F, mais avec un poids inférieur).

Mais d’autre part, ils ont écrit que la vitesse maximale de la Fllow était de 90 km/h.

Ce qui est, nous en conviendrons facilement, assez contradictoire avec l’information que j’ai exposée dans le paragraphe précédent. Il semblerait néanmoins qu’ils ont prévu le coup, puisqu’ils ont ajouté une phrase énigmatique à la ligne de la vitesse maximale : « 140 km/h sur demande ».

Sur demande…

Je ne suis pas sûr de bien comprendre.

Est-ce que ça veut dire qu’on doit demander à Fuell de nous livrer la moto dans un mode débridé ? Ou est-ce que ça veut dire qu’il est possible de régler le mode de conduite pour atteindre des vitesses plus ou moins élevées grâce à une application externe ?

Difficile de savoir. 

Mais au-delà de cette incompréhension, Fuell a conçu une moto très sérieuse.

Son autonomie est certes assez modeste, avec seulement 240 km en ville, mais c’est largement suffisant dans un usage urbain.

C’est d’ailleurs ici que la Fllow joue bien sa carte de l’usage urbain, car en acceptant une autonomie plus faible, ils réduisent le poids de la moto en y intégrant une batterie de faible capacité. Ce qui lui permet de ne peser que 180 kg.

En ville, c’est un compromis idéal.

Car ça laisse la place pour une puissance et un couple généreux, tout en conservant une réactivité très pertinente dans nos rues bondées. Ce choix s’accompagne d’ailleurs d’un empattement assez court, ce qui garantit à la Fllow une maniabilité parfaitement optimisée.

Seul l’angle de chasse contraste.

Car l’angle de chasse de la Fllow est conséquent.

Trop ? Peut-être, quand on sait qu’il est plus large que celui de la Livewire, pourtant orientée vers les campagnes américaines. Ce gros angle de chasse a pour conséquences de rendre la direction moins réactive, et donc d’être moins efficace en ville.

Mais il y a forcément une raison derrière cette décision.

Et je crois que cet angle de chasse est motivé par une volonté de garantir un semblant de polyvalence.

Car rouler sur nationale avec une fourche presque verticale est un calvaire. Les concepteurs de la Fllow ont certainement pensé que ça représenterait une faiblesse intolérable pour leur cible.

Je ne saurais pas dire s’ils ont eu raison ou pas. 

La note de ses performances en comparaison avec les motos électriques concurrentes : 4,89/5.

Le design de la moto de Fuell me laisse perplexe

Le design de la Fllow est un coup de poker.

Le constructeur a décidé de lui donner un look assez futuriste, qui casse les codes de l’esthétique traditionnelle. Même s’ils ont conservé les courbes caractéristiques du réservoir, on voit bien qu’ils ont souhaité partir d’une feuille blanche.

C’est courageux.

Et assez cohérent, quand on considère que les motos électriques sont une sorte de révolution. Mais ça ne me touche pas vraiment.

Je ne suis pas particulièrement d’accord avec cette ambition de vouloir toujours tout réinventer. 

La note de son design futuriste bancal : 2/5.

L’usage de la Fllow est parfaitement identifié

En termes d’usage, la Fllow est une excellente élève.

Elle s’est concentrée uniquement sur un usage urbain, et quasiment tout ce qui la compose est aligné avec ça :

  • La géométrie (malgré l’angle de chasse) est orientée vers une maniabilité optimale en ville,
  • Le poids est faible, ce qui permet là aussi une utilisation confortable en ville,
  • L’autonomie n’est pas la priorité, ce qui est aussi le cas en ville,
  • Le design est très étudié, et c’est un très bon point car on sait pertinemment que la vie urbaine est plus axée sur le paraître (n’y voyons pas un jugement négatif, c’est ainsi),
  • Et le prix est relativement élevé, ce qui restreint le public à ceux qui ont les moyens, et ces personnes-là vivent plus majoritairement en ville.

Autrement dit, c’est un très bon travail de cahier des charges.

Et je salue ça, car ça me semble nécessaire pour aboutir à une bonne moto.

C’est une excellente élève sur ce point, elle obtient donc un 4/5.

Le prix établi par Fuell pour sa moto est dans la moyenne du marché

La Fllow coûte 11 995 €, dont 500 € de précommande avec une livraison prévue en 2021.

Elle est exactement dans les prix du marché pour une puissance comparable.

Notons néanmoins que si elle bat réellement les grosses du domaine sur le 0 à 100 alors qu’elles coutent entre 2 et 3 fois plus cher, c’est un très joli coup.

La note de son prix par rapport à celui de la concurrence : 2,89/5.

L’empreinte environnementale de la Fllow est moins impressionnant

  • Technologie du moteur : Brushless dans la roue
  • Technologie de la batterie : Lithium-ion

Avec la Fllow, Fuell a l’ambition d’impacter le marché des motos électriques.

Je ne sais pas s’ils vont y arriver. Mais ce que je sais, c’est qu’ils ne vont pas révolutionner l’empreinte environnementale des motos électriques. En effet, aucun effort n’est fait dans cette direction.

Ils font ce que tout le monde fait : ils utilisent un moteur brushless dans la roue arrière, et une batterie lithium-ion. Exactement pareil donc que toutes les autres motos électriques du marché.

Si ces solutions représentaient une option performante, ça aurait du sens.

Mais du point de vue environnemental, ce n’est pas le cas.

Les moteurs brushless fonctionnent grâce à des aimants permanents composés de néodyme, une terre rare à l’impact environnemental et social désastreux. Et ils ne disent nulle part si leur batterie utilise du cobalt. Ce qui veut dire que leur batterie en contient.

Pas bien.

Sa note, partagée avec quasiment toutes les autres motos électriques : 2/5.

Bilan : Fuell a intelligemment conçu sa moto électrique

Une moyenne générale de 3,16/5 : belle prestation.


Pour conclure sur la Fllow, ça m’a tout l’air d’être une moto sérieuse.

Je me réjouis qu’elle soit aussi résolument citadine, car je m’épuise à voir des motos polyvalentes dans les rues de nos villes. C’est un non-sens énergétique.

Je salue donc l’intelligence de Fuell sur cette moto.

Du reste, je ne suis pas encore convaincu.

J’attends les premières livraisons et les premiers témoignages, pour voir ce qu’il en est vraiment. Car annoncer une liste de caractéristiques impressionnantes c’est bien, mais il faut l’assumer par la suite.

À suivre.

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