D’un retrofit à un premier modèle — voici le mode d’emploi d’une moto électrique

« Sur ce site, vous trouverez ce que tout véritable passionné de moto électrique rêve d’avoir : un accès libre & total au développement d’un nouveau modèle.

Mais pas un nouveau modèle pseudo-zero emission : un prototype sincèrement respectueux de l’humain et de l’environnement, conçu à partir d’un retrofit.

Si vous brûlez d’envie de suivre cette aventure au plus près (et pourquoi pas y participer), inscrivez-vous à mon journal de bord :

Et pour connaître les origines de ce projet, continuez simplement votre lecture. »

Julien Vaïssette

Ingénieur en mécanique

Une histoire de sociologie, d’environnement et de retrofit.

navetteurs © jean charles barbe

« La mobilité est un droit. »

Eric Le Breton, sociologue[1]

Je ne peux qu’être d’accord avec Eric Le Breton, passionné de mobilité que je suis.

Mais ce que je remarque aujourd’hui, c’est que cette mobilité est le lieu d’une asymétrie injuste entre 3 catégories sociologiques de personnes.

D’un côté, on retrouve les métropolitains.

Ceux qui vivent dans les grandes villes traversées de transports en commun et de pistes cyclables. Ceux qui ont la vie belle, car ils peuvent se passer de véhicules personnels dans leur vie de tous les jours sans aucun problème, et ainsi réduire l’empreinte climatique de leur mobilité.

Mais en face, on retrouve deux autres catégories de personnes, bien moins chanceuses et qui pourtant représentent plus de la moitié de la population française :

  1. Les navetteurs, qui parcourent plusieurs dizaines de kilomètres pour se rendre au travail tous les jours ;
  2. Et les insulaires, qu’on a tout simplement oubliés et qui vivent isolés de tout.

Leur problème est simple.

C’est qu’ils ne peuvent pas se passer de leur véhicule motorisé individuel. Mais en même temps, ils sont accusés d’aggraver le changement climatique avec leurs voitures émettrices de CO2.

Et pourtant, l’urgence climatique est bien réelle — et ce n’est un secret pour personne.

👆 Cliquez sur la vidéo pour la lancer. Et gardez en tête que l’entretien date de 1979.

Dennis Meadows & son équipe nous en alertaient déjà en 1972[2], et le rapport du GIEC de 2021[3] est un rappel supplémentaire de l’urgence qu’il y a à réagir.

Et dans le cas qui nous intéresse, réagir consiste à réaliser qu’environ 31%[4] des émissions de gaz à effet de serre en France sont dues aux transports.

Pire, la moitié des émissions de gaz à effet de serre des transports sont en réalité produites par les voitures particulières.

C’est gigantesque.

Et ça nous montre à quel point il faut réinventer la mobilité en France.

Le problème, nous l’avons vu, c’est que plus de la moitié de la population française a besoin de son véhicule particulier pour vivre. Et pour cette grande partie de la population, le vélo et les transports en commun ne sont pas une solution viable.

Pour eux, la solution consiste donc à trouver le meilleur moyen de transport individuel.

moyen de transport retrofit © jean charles barbe

Et je crois que ce meilleur moyen de transport, c’est la moto électrique :

  • Elle est plus agile que la voiture.
  • Évidemment, elle est plus confortable que le vélo.
  • Elle est aussi 2x plus sobre énergétiquement que la voiture électrique (9 kWh/100 km pour la Zero S de Zero Motorcycles, contre 18 kWh/100 km pour la Model 3 de Tesla).
  • Et elle émet 5,7x moins de gaz à effet de serre que la voiture électrique (la batterie de la Zero S citée plus haut est 5,7x moins grosse que celle de la Tesla).

Si bien que, si les motos électriques étaient démocratisées et remplaçaient la voiture thermique de beaucoup de français dans leur usage quotidien, elles permettraient de drastiquement baisser les émissions de nos transports.

Le problème, c’est que les motos électriques actuelles sont loin d’être irréprochables.

Pour faire simple : les motos électriques disponibles sur le marché reproduisent exactement les mêmes erreurs que les véhicules thermiques avant elles.

lithium-ion © jean charles barbe
  • Rien que la production d’une batterie de moto électrique émet environ 1 612 kg d’équivalent CO2[5] – autant que ce que rejette une équivalente thermique pendant 10 530 km.
  • Les terres rares nécessaires pour la fabrication des moteurs induisent une dangereuse dépendance à la Chine[6].
  • Et pour couronner le tout, les constructeurs font preuve d’une opacité légendaire — quand ils ne tombent pas complètement dans le greenwashing avec leurs phrases insupportables : « La planète vous remercie ».

Et à ce petit jeu-là, toutes les marques sont concernées : Zero Motorcyles, Super Soco, Harley-Davidson, Ebroh, Horwin, & les autres.

Toutes vantent les mérites de leurs véhicules zero-emission, en s’empressant de cacher le reste sous le tapis.

C’est là que notre prototype entre en jeu.

Nous voulons que notre moto soit tout l’inverse de ce que vous pouvez trouver sur le marché.

Nous voulons que notre moto électrique respectueuse de l’humain et de l’environnement.

Car c’est bien là l’objectif des motos électriques (sans oublier le plaisir de conduite, mais je vous laisse essayer par vous-mêmes, vous risquez d’être surpris).

Pour y arriver, nous avons procédé en 3 étapes :

site web retrofit
  1. D’abord, nous avons analysé la totalité des modèles disponibles sur le marché — les équivalentes 50, les équivalentes 125 et les motos puissantes.
  2. Ensuite, nous mettons à disposition toutes nos recherches. Vous avez donc accès à toutes les étapes de conception : de la mécanique au design, en passant par le moteur et la batterie.
  3. Enfin, nous avons fondé le Club des Pionniers : un groupe de motards et de passionnés qui participent activement à la conception de notre moto électrique.

La conséquence de tout ça, c’est que notre mode opératoire est à l’inverse de celui des constructeurs traditionnels.

« Nous voulons que la conception de notre moto électrique soit la plus transparente et participative possible. L’idée, c’est de vous permettre de donner votre avis sur les choix que nous faisons. Mais aussi de nous recadrer quand c’est nécessaire.

Et surtout, nous voulons aller vite. Nous n’avons pas de temps à perdre avec des concept bikes comme l’Arc Vector qui ne verront jamais le jour.

Nous voulons participer à une mobilité plus vertueuse, mais nous devons le faire maintenant.

C’est pour ça que notre premier prototype sera un retrofit. »

Julien Vaïssette

Ingénieur en mécanique

Qu’est-ce que le retrofit ?

Le retrofit consiste à remplacer les organes propulseurs d’un véhicule thermique par une batterie et un moteur électrique.

Autrement dit, il s’agit de transformer un véhicule auparavant thermique, en véhicule électrique.

Dans notre cas, nous avons récupéré une Kawasaki ZZR 600.

Et nous lui avons tout retiré, pour ne lui laisser que son squelette mécanique. C’est sur ce squelette que nous installons notre bloc motopropulseur pour réaliser nos premiers tests.

Mais je ne vous en dis pas plus — la suite, vous pourrez la lire dans notre journal de bord.

Tous les matins, vers 8h30, je vous envoie un court e-mail.

Vous y découvrirez les avancées de notre retrofit, les difficultés auxquelles nous faisons face, et les décisions que nous prenons au fur et à mesure que le projet avance.

newsletter © jean charles barbe

Ce journal de bord vous permettra :

  • De suivre l’évolution de notre prototype au plus près.
  • D’approfondir vos connaissances sur les motos électriques en 3 minutes par jour.
  • Et de participer très concrètement à la conception de la moto (mais ça, je vous en parlerai plus tard).

Suivez la conception de mon premier prototype « retrofit » de moto électrique

Inscrivez-vous, et vérifiez votre boîte de réception (vous devez confirmer votre inscription).

Ce que les motards pensent du journal de bord

avis newsletter 1
avis newsletter 3
avis newsletter 5
avis newsletter 7
avis newsletter 9
avis newsletter 11
avis newsletter 4
avis newsletter 8
avis newsletter 10
avis newsletter 12
avis newsletter 14
avis newsletter 13
avis newsletter 6
avis newsletter 2

Les sources bibliographiques

[1] E. L. Breton, Mobilité la fin du rêve ? Rennes: Editions Apogée, 2019.

[2] D. Meadows et J. Randers, Les Limites à la croissance, 1er édition. Paris: HARMONIA MUNDI, 2012.

[3] « Reports — IPCC ».

[4] C. général au développement durable Ministère de la transition écologique et solidaire, « Les émissions de gaz à effet de serre du secteur des transports », L’environnement en France – Rapport sur l’état de l’environnement.

[5] M. Mohr, J. F. Peters, M. Baumann, et M. Weil, « Toward a cell-chemistry specific life cycle assessment of lithium-ion battery recycling processes », Journal of Industrial Ecology, vol. 24, no 6, p. 1310‑1322, 2020, doi: https://doi.org/10.1111/jiec.13021.

[6] « Rare earths statistics and information – USGS ». Disponible au format PDF ici.