Tout ce que vous devez savoir sur les Energica Eva EsseEsse9 et EsseEsse9+

La gamme Energica Eva EsseEsse9 est l’interprétation de la marque italienne des motos électriques roadsters. Ça fonctionne.

Julien Vaïssette

Fanatique d'Excel, adepte de Camus & ingénieur en mécanique ・ Suivez la conception de mon prototype de moto électrique en cliquant ici.

Eva EsseEsse9+ Energica

On compte plusieurs dizaines de motos électriques puissantes. Et la Energica Eva EsseEsse9 et la EsseEsse9+ en font partie (puisqu’elles développent plus de 11 kW).

Le problème, c’est que parmi ce nombre croissant de motos électriques, il est de plus en plus difficile de se positionner.

Face à ce constat, j’ai décidé de classer toutes les motos électriques puissantes. Je me suis efforcé de les noter de la manière la plus rigoureuse possible. Vous pouvez retrouver le classement final dans cet article.

Je me suis donc prêté au jeu de noter la gamme EsseEsse9 (que vous pouvez voir sur cette page), et je n’ai pas été déçu.

Des performances pas impressionnantes, mais cohérentes

  • Puissance moteur : 80 kW (permis A)
  • Couple moteur : 180 Nm (200 Nm pour la EsseEsse9+)
  • Vitesse maximale : 200 km/h
  • Temps de passage de 0 à 100 km/h : 3,5-4 secondes
  • Capacité batterie : 13,4 kWh (21,5 kW pour la EsseEsse9+)
  • Temps de recharge : 63,5 km par heure de charge sur borne classique et 400 km par heure de charge sur borne rapide
  • Autonomie : 200 km en ville, 160 km en combiné, 130 km en extra-urbain (400 km, 230 km, 180 km pour la EsseEsse9+)
  • Poids : 282 kg
  • Empattement : 1465 mm
  • Angle de chasse : 23,5-24° (mesuré sur les images disponibles, car non communiqué)

Energica est une valeur sûre dans le domaine des motos électriques.

Ils le prouvent avec leur gamme particulièrement pertinente, constituée d’un roadster, d’une streetfighter et d’une sportive. Ici, nous évoquons la Energica Eva EsseEsse9 (et EsseEsse9+), leur roadster électrique dont le nom est emprunté à une route historique italienne.

La EsseEsse9 est bien un roadster, avec tout ce que ça implique de positif et de négatif.

Dans le positif, on notera qu’elle propose des performances assez remarquables. En pôle, une vitesse maximale de 200 km/h, un passage de 0 à 100 en 3,5 secondes et une reprise impressionnante permise par un couple généreux et linéaire.

C’est justement au niveau de ce couple généreux et linéaire que la EsseEsse9 se démarque de la concurrence.

En effet, comme je l’ai découvert dans l’analyse détaillée de la Ribelle, Energica est passé maître dans la conception d’un groupe motopropulseur qui garantit un couple constant sur toute la gamme de vitesse.

Cette constance permet alors à la EsseEsse9 d’appuyer sur la polyvalence. Ce qui est, par ailleurs, le nerf de la guerre des roadsters.

Un très bon point pour Energica donc.

Du reste, la EsseEsse9 affiche une autonomie parfaitement dans la norme de ce qu’on trouve chez les autres.

Mention spéciale à la version premium (la EsseEsse9+) qui affiche quant à elle une autonomie de 400 km en ville, ce qui est largement supérieur à ce qu’on peut espérer dans la concurrence.

Et puisque le maître mot des roadsters est la polyvalence, la géométrie de la EsseEsse9 est parfaitement pertinente. Elle affiche un empattement ni trop petit, ni trop grand (donc ni trop maniable, ni trop stable) et un angle de chasse assez faible (donc une manœuvrabilité accrue pour la ville).

On notera néanmoins que la EsseEsse9 est freinée par une faiblesse non négligeable : les 282 kg qu’elle affiche sur la balance doivent la rendre très peu pratique en ville.

Pour un roadster, c’est mal venu.

La note des performances de la gamme EsseEsse9 face aux autres motos électriques du même segment : 4,18/5.

Le design de la EsseEsse9 est sans surprise

C’est un roadster, comme on en trouve mille autres.

C’est-à-dire qu’en termes de design, il n’y a pas grand-chose à en tirer. C’est passe-partout.

Même si je tiens à saluer les quelques lignes agressives au niveau du réservoir et la selle relativement plate qui flatte mon œil. 

Sa note sur ce point : 3/5.

La gamme Energica Eva EsseEsse9 répond à un usage polyvalent

Pour l’usage, c’est un usage mixte.

Le but est d’être le plus polyvalent possible. Et le corolaire, c’est que la EsseEsse9 n’est excellente nulle part :

  • l’empattement est trop vaste pour être agile en ville,
  • l’angle de chasse est trop faible pour être confortable sur voie rapide,
  • le poids est trop élevé pour toucher le genou par terre.

Autrement dit, ces défauts sont tous les défauts communs aux roadsters, quelle que soit leur propulsion.

Pire encore si on prend le modèle EsseEsse9 de base, car on aura tous les défauts du roadster certes, mais on aura aussi le plus gros défaut de l’électrique : l’autonomie ridicule.

La EsseEsse9 affiche une autonomie de 130 km en extra-urbain.

Si ce n’est pas choquant par rapport à ce qui se fait ailleurs, c’est trop peu pour espérer une polyvalence efficace. À ce stade, c’est une citadine qui n’est même pas optimisée pour la ville.

En revanche, si on opte pour la EsseEsse9+, on passe à une autonomie 50% supérieure. On franchit alors un seuil qui permet une polyvalence un peu plus sérieuse. Mais il faut débourser 4 500 € de plus. 

La note pour la pertinence à l’usage de la EsseEsse9+ (car la EsseEsse9 est assez faible) : 3,5/5.

Un prix plutôt compétitif

En effet, la EsseEsse9 se vend à 16 386 €, contre 20 894 € pour la EsseEsse9+.

Si c’est encore assez cher comparé à une moto thermique équivalente, c’est un des prix les plus faibles de son segment chez les électriques. Elle est aussi moins chère que la Ego (ou la Ego+) ! Ça fait d’elle la moins chère des motos d’Energica.

Ce qui la rend immédiatement très impressionnante.

La note du prix de la gamme EsseEsse9 par rapport à la concurrence : 2,62/5.

L’empreinte environnementale de la gamme Energica Eva EsseEsse9 est améliorable

  • Technologie du moteur : brushless
  • Technologie de la batterie : Lithium polymère
  • Autre : Fabriquée en Italie, c’est évidemment mieux que si c’était ailleurs

La EsseEsse9 n’échappe pas à la tendance que j’ai remarquée chez les motos électriques : les constructeurs se satisfont de bien peu en termes d’impact environnemental

Construire une moto électrique leur suffit, ils ne cherchent pas à révolutionner le genre.

S’il ne faut pas cracher dans la soupe, il faut néanmoins voir les axes d’améliorations.

Car ne le nions pas, les motos électriques sont moins nocives sur de nombreux points que leurs cousines thermiques. Mais dans l’état actuel des choses, elles restent encore très loin de l’exemplarité.

En effet, elles ont révolu l’extractivisme pétrolier, mais elles l’ont remplacé par un autre extractivisme : celui des minerais nécessaires à la fabrication des moteurs brushless qui équipent TOUTES les motos électriques et de leurs batteries (lithium ion ou lithium polymère, même combat).

Pour autant, cette transition (qui n’en est pas une) est aussi regrettable pour d’autres raisons.

Car ces minerais qu’on sort de terre ont un impact environnemental multiple : ils créent un mécanisme de domination entre pays consommateurs et pays producteurs, ils polluent les sols et ils appauvrissent les réserves.

Autrement dit, on fait mieux, mais on ne fait pas bien.

Et malgré tout le bien que je pense d’Energica, je ne peux que reconnaître leur cruel manque d’investissement sur ce point.

Sa note sur l’aspect environnemental : 2/5.

Energica a (encore) frappé un grand coup

La (bonne) moyenne générale de la gamme EsseEsse9 : 3,06/5.


La EsseEsse9+ est un excellent roadster électrique.

La version standard est moins éclatante, mais elle compense sa faiblesse par un prix bien en dessous de ce qui se fait ailleurs. Ce qui me fait penser que ces deux modèles sont chacun à leur manière les meilleurs roadsters électriques.

Si on a un budget limité, on se satisfera de la EsseEsse9 qui offre de rouler en électrique avec des performances renversantes et pour un prix contenu.

Si on a un peu plus de budget et qu’on cherche de la polyvalence tout en roulant en électrique, la EsseEsse9+ est certainement la meilleure réponse.

En d’autres termes, Energica a encore frappé un très grand coup.

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