La e-roadster de Easy Watts : certainement la citadine électrique la moins chère du marché

Easy Watts, le site spécialisé dans les deux-roues électriques, a sorti en 2019 sa moto électrique 50 : la e-roadster. Analyse détaillée.

Julien Vaïssette

Fanatique d'Excel, adepte de Camus & ingénieur en mécanique ・ Suivez la conception de mon prototype de moto électrique en cliquant ici.

e-roadster de easy-Watts

Si vous avez le permis AM, aucune envie de passer le permis moto, mais que vous avez quand même envie de rouler en électrique, c’est possible. Il vous suffit de vous offrir une petite équivalente 50, du style de la e-roadster.

La petite citadine d’Esay Watts, je l’ai analysée et comparée à toutes les autres motos électriques 50cc du marché. Vous pouvez retrouver ce classement dans cet article, juste ici.

Et figurez-vous qu’elle a un argument qui de quoi convaincre. 

La e-roadster présente des performances modestes

  • Puissance moteur : 3 kW
  • Couple moteur : Non communiqué
  • Vitesse maximale : 45 km/h
  • Capacité batterie : 1,8 kWh
  • Temps de recharge : 300 minutes
  • Autonomie : 70 km
  • Poids : 58 kg
  • Empattement : Non communiqué
  • Angle de chasse : Non plus

Le site de Easy Watts est impressionnant. Ils ont mis en place un tsunami d’articles ultra optimisés pour se référencer sur Google et mettre en avant leurs produits. Il suffit de se rendre sur la page produit de la e-roadster pour sentir leur maîtrise du sujet.

En revanche, je suis un peu déçu par les performances.

D’abord car elles sont modestes (j’y reviendrai juste après), mais surtout car il y a 3 caractéristiques assez essentielles qu’ils ne fournissent nulle part :

  • le couple moteur,
  • l’empattement,
  • et l’angle de chasse.

Concernant l’absence d’information sur l’angle de chasse (qui permet de connaître la maniabilité de la moto), je ne peux pas trop leur en vouloir. Car très peu de constructeurs de motos électriques le donnent.

Ils sont donc dans la norme.

Mais l’empattement et le couple, c’est une autre histoire.

Commençons par le moins grave des deux : l’empattement est une caractéristique primordiale pour comprendre la géométrie d’une moto. Il permet d’avoir une idée sur le confort de la moto en ville ou sur nationales, mais il permet aussi d’appréhender ses dimensions. Et tous les constructeurs sérieux le donnent.

Le plus grave, c’est le couple.

Car c’est lui qui décide de l’accélération d’une moto. Lui, et uniquement lui.

La puissance, c’est juste pour impressionner les voisins (même s’il est difficile d’impressionner quiconque avec la puissance d’une équivalente 50, sans vouloir offenser qui que ce soit).

Je ne comprends pas l’absence de cette caractéristique, c’est très étonnant. D’autant que par leur page de vente, ils prouvent qu’ils maîtrisent le sujet.

C’est dommage, car quand j’établis une note des performances, je prends en compte toutes les performances de la moto et je les compare aux performances moyennes des autres motos. Ça ne peut donc que baisser leur note.

Quoi qu’il en soit, voyons ce qu’il en est des autres caractéristiques.

D’abord, la puissance.

Sur une équivalente 50, on pourrait penser que ça ne veut pas dire grand-chose. En réalité si, car Easy Watts a opté pour un moteur de 3 kW quand ils avaient le droit de monter jusqu’à 4 kW.

Ils ont donc fait le choix de ne pas se mettre au maximum des performances autorisées. Et on le vérifie dans toutes les autres caractéristiques :

  • la capacité de la batterie est modeste (1,8 kWh),
  • l’autonomie aussi (70 km),
  • et la recharge est moins rapide que pour certaines motos de la concurrence (6 heures).

Seul son poids impressionne : seulement 58 kg, c’est un vrai poids plume.

Ajoutons que la batterie de la e-roadster n’est pas amovible, à l’inverse de beaucoup de ses concurrentes. Et on comprend que la stratégie adoptée par Easy Watts n’est pas du tout de révolutionner la moto électrique par ses performances ou ses caractéristiques.

Sa stratégie est ailleurs, nous allons le voir dans la suite. 

La note des performances de la e-roadster en comparaison avec ses concurrentes : 2,74/5.

Un design de roadster imparfait

Quand on analyse un design, on l’aborde par deux axes :

  • le premier est subjectif, puisqu’il repose sur la résonance que provoque l’esthétique de la moto,
  • et le deuxième est objectif, car il questionne la pertinence de ce design.

Je vais commencer par la partie subjective, pour enlever le pansement aussi vite que possible : je ne suis pas convaincu par son design de roadster. Je le trouve un peu cheap, je trouve les roues trop petites et l’insert rouge ne me dit rien.

Mais vous l’avez bien compris, ça n’engage que moi.

Note : au passage, le design de l’autre moto de Esay Watts, la e-rock’n roll, est particulièrement référencé. Je vous conseille d’aller au moins jeter un coup d’œil.

En revanche, l’analyse de la pertinence est plus universelle.

Voilà ce que j’en dis : un roadster est par définition une moto polyvalente, pensée pour la polyvalence et optimisée pour la polyvalence. La polyvalence est donc son maître-mot, et il aligne toute sa conception avec cette idée.

Le problème, c’est que la e-roadster ne peut pas être une moto polyvalente.

Car c’est une 50. Et avec une 50, on doit se contenter de petits trajets à faible vitesse. Je ne trouve donc pas que cette esthétique de roadster colle avec ce qu’elle est.

La note de son esthétique de roadster : 2,5/5.

L’usage quotidien et urbain de la e-roadster

Derrière son esthétique roadster, la e-roadster n’en reste pas moins une moto de ville :

  • elle a une faible puissance (ce qui n’est pas gênant en ville),
  • une faible autonomie (pas gênant non plus),
  • et tous les avantages des motos électriques (pas de bruit, pas de pollution).

Même si je ne connais pas son empattement ni son angle de chasse, je vois néanmoins qu’elle est très courte, ce qui la rend parfaitement confortable en ville. Et c’est un très bon point. 

Seul point noir au niveau de son usage : sa batterie charge lentement et n’est pas amovible.

Il faudrait que ça soit l’un ou l’autre, pas les deux. Car on pardonne une batterie non amovible si elle charge vite (un coup à la borne et on repart), et on pardonne un chargement lent si la batterie est amovible (on la prend à l’appartement et on la charge toute la nuit, au chaud).

Dommage.

La note de la pertinence avec laquelle elle s’occupe de l’usage citadin : 3/5.

Le prix, son cheval de bataille

Voilà le gros point fort de la e-roadster.

Son prix est d’une efficacité folle : seulement 2 489 €. Par son prix infiniment bas (du prix d’un vélo électrique), on peut donc lui pardonner toutes les faiblesses évoquées plus haut.

Car grâce à ce prix, la e-roadster devient une moto entrée de gamme et non plus une « mauvaise moto ». Ses performances sont simplement alignées avec son prix. On a ce pour quoi on paie.

Et c’est une très bonne chose, car c’est un positionnement parfaitement clair.

La note de son prix par rapport à la concurrence : 3,53/5, la moins chère du marché.

Une empreinte environnementale moins bonne que la concurrence

  • Technologie du moteur : brushless dans la roue
  • Technologie de la batterie : Lithium-ion

En analysant les motos électriques équivalentes 50, j’ai réalisé qu’elles étaient beaucoup plus conscientes de leur impact environnemental que les motos électriques plus puissantes.

J’ai trouvé que c’était un excellent point de leur part.

Car elles sont conscientes que ce n’est pas par les performances qu’elles vont convaincre leur public. Ainsi, leurs faibles exigences en termes de performances leur permettent de se tourner vers une vision plus responsable.

Ce n’est malheureusement pas le cas de la e-roadster.

Son bilan environnemental est le même que celui des motos électriques plus puissantes (terres rares dans le moteur brushless + cobalt et nickel dans sa batterie au lithium = catastrophe écologique). À la différence qu’elle ne roule pas aussi vite que ses homologues puissantes.

Je ne peux donc pas lui trouver d’excuses.

Même s’il était difficile d’espérer mieux au regard de son prix défiant toute concurrence.

La note de son empreinte environnementale : 2/5.

En résumé : la e-roadster est une moto électrique low-cost

Sa moyenne générale : 2,75/5.


Je ne pense pas que les motos électriques telles que la e-roadster doivent s’installer durablement sur le marché, car elles ne font pas assez bien avancer la cause des motos électriques.

Mais en tant que première étape d’acquisition d’une moto électrique grâce à son prix très bas, elle fait parfaitement son travail.

Et à la fin, on ne lui en demande pas plus.

Donc si vous cherchez une première expérience sur une moto électrique sans casser votre PEL, la e-roadster est peut-être celle qu’il vous faut. Sinon, il y a certainement plus pertinent ailleurs.

Bonus : où acheter la e-roadster ?

Si vous habitez du côté de Clermont Ferrand, voilà un revendeur que je vous conseille :

Je précise que nous n’avons pas de relations commerciales. J’ai juste eu de très retours sur lui, c’est tout.

N’hésitez pas à recommander votre concessionnaire en commentaire, vous aussi !

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