La Easy Watts e-roadster : certainement la citadine électrique la moins chère du marché

Easy Watts a sorti en 2019 sa moto électrique 50 : la e-roadster, disponible en équivalente 50 et 125. Analyse détaillée.

Julien Vaïssette

Fanatique d'Excel, adepte de Camus & ingénieur en mécanique — Posez-moi toutes vos questions à l'adresse julien@construire-sa-moto-electrique.org, ou en cliquant sur ce lien.

e-roadster de easy-Watts

Tout au long de votre lecture, gardez en tête que mon adresse e-mail est publique, et que vous pouvez m’écrire à tout moment. La voici : julien@construire-sa-moto-electrique.org.

Vous recevrez une réponse de ma part aujourd’hui (ou demain au plus tard).

Si vous avez le permis AM, aucune envie de passer le permis moto, mais que vous avez quand même envie de rouler en électrique, c’est possible. Il vous suffit de vous offrir une petite équivalente 50, du style de la Easy Watts e-roadster.

La petite citadine d’Easy Watts, je l’ai analysée et comparée à toutes les autres motos électriques 50cc du marché. Vous pouvez retrouver le résumé de cette grande analyse dans cet article, juste ici.

Et figurez-vous qu’elle a un argument qui de quoi convaincre.

Mais si j’ai trouvé la e-roadster proposée par l’importateur français relativement pertinente, je trouve que sa grande sœur, la Easy Watts e-roadster MAX, l’est beaucoup moins. 

Car elle essaie de pénétrer le marché des équivalentes 125 avec bien peu d’atouts. Ça passait encore pour une équivalente 50, mais je crains que ça ne soit pas suffisant pour les titulaires du permis A1.

Enfin, vous m’en direz des nouvelles dans les commentaires, si le cœur vous en dit.

Inscrivez-vous à mon journal de bord pour découvrir les coulisses de l’industrie de la mobilité électrique — des enjeux de production industrielle à l’impact des véhicules sur le climat.

+2 000 ingénieurs, concepteurs & passionnés inscrits.

Des performances modestes pour les 2 versions de la moto électrique d’Easy Watts

Les performances de la e-roadster, l’équivalente 50

  • Puissance moteur : 3 kW
  • Couple moteur : Non communiqué
  • Vitesse maximale : 45 km/h
  • Capacité batterie : 1,8 kWh
  • Temps de recharge : 300 minutes
  • Autonomie : 70 km
  • Poids : 58 kg
  • Empattement : Non communiqué
  • Angle de chasse : Non plus

Le site de Easy Watts est impressionnant. Ils ont mis en place un tsunami d’articles ultra optimisés pour se référencer sur Google et mettre en avant leurs produits. Il suffit de se rendre sur la page produit de la e-roadster pour sentir leur maîtrise du sujet.

En revanche, je suis un peu déçu par les performances.

D’abord car elles sont modestes (j’y reviendrai juste après), mais surtout car il y a 3 caractéristiques assez essentielles qu’ils ne fournissent nulle part :

  • le couple moteur,
  • l’empattement,
  • et l’angle de chasse.

Concernant l’absence d’information sur l’angle de chasse (qui permet de connaître la maniabilité de la moto), je ne peux pas trop leur en vouloir. Car très peu de constructeurs de motos électriques le donnent.

Ils sont donc dans la norme.

Mais l’empattement et le couple, c’est une autre histoire.

Commençons par le moins grave des deux : l’empattement est une caractéristique primordiale pour comprendre la géométrie d’une moto. Il permet d’avoir une idée sur le confort de la moto en ville ou sur nationales, mais il permet aussi d’appréhender ses dimensions. Et tous les constructeurs sérieux le donnent.

Le plus grave, c’est le couple.

Car c’est lui qui décide de l’accélération d’une moto. Lui, et uniquement lui.

La puissance, c’est juste pour impressionner les voisins (même s’il est difficile d’impressionner quiconque avec la puissance d’une équivalente 50, sans vouloir offenser qui que ce soit).

Je ne comprends pas l’absence de cette caractéristique, c’est très étonnant. D’autant que par leur page de vente, ils prouvent qu’ils maîtrisent le sujet.

Quoi qu’il en soit, voyons ce qu’il en est des autres caractéristiques.

D’abord, la puissance.

Sur une équivalente 50, on pourrait penser que ça ne veut pas dire grand-chose. En réalité si, car Easy Watts a opté pour un moteur de 3 kW quand ils avaient le droit de monter jusqu’à 4 kW.

Ils ont donc fait le choix de ne pas se mettre au maximum des performances autorisées. Et on le vérifie dans toutes les autres caractéristiques :

  • la capacité de la batterie est modeste (1,8 kWh),
  • l’autonomie aussi (70 km),
  • et la recharge est moins rapide que pour certaines motos de la concurrence (6 heures).

Seul son poids impressionne : seulement 58 kg, c’est un vrai poids plume.

Ajoutons que la batterie de la Easy Watts e-roadster n’est pas amovible, à l’inverse de beaucoup de ses concurrentes. Et on comprend que la stratégie adoptée par Easy Watts n’est pas du tout de révolutionner la moto électrique par ses performances ou ses caractéristiques.

Sa stratégie est ailleurs, nous allons le voir un peu plus loin dans cet article.

Les performances de la Easy Watts e-roadster MAX, l’équivalente 125

  • Puissance moteur nominale : 4 kW
  • Couple moteur : 76 Nm
  • Couple dans la roue : 76 Nm (car le moteur est dans la roue)
  • Vitesse maximale : 75 km/h
  • Capacité batterie : 3,6 kWh
  • Temps de recharge : entre 6 et 8 heures
  • Autonomie : 95 km en ville, 75 km en combiné
  • Poids : 113 kg

Déjà, il y a un point très intrigant dans les caractéristiques de la Easy Watts e-roadster MAX : c’est que la puissance nominale annoncée est de 4 kW. Or 4 kW, c’est la puissance de la catégorie inférieure, des équivalentes 50.

Le permis 125 donne en effet accès aux motos dont la puissance dépasse 5 kW.

Comment est-il alors possible que la Easy Watts e-roadster MAX ne soit pas considérée comme une équivalente 50 mais comme une équivalente 125 ?

Très simple : les puissances des moteurs électriques sont tordues. On ne sait jamais quelle puissance doit faire foi.

Car un moteur électrique a une puissance nominale (qui correspond grossièrement à la puissance où il a le meilleur rendement), une puissance en crête (qui correspond à la puissance maximale avant surchauffe) et des puissance arbitraires (au bout de 90 secondes d’usage, au bout de 30 minutes, etc.).

Jusqu’à présent, le critère de puissance à communiquer par les constructeurs de motos électriques n’a pas encore été sérieusement étudiée par les homologateurs. Alors on trouve de tout.

Et ici, c’est un cas d’école.

La Easy Watts e-roadster MAX affiche une puissance « nominale » de 4 kW, qui correspond probablement à la puissance utile après 30 minutes d’usage à 100%. Sa puissance disponible doit donc se situer entre 5 et 6 kW. Ce qui fait effectivement d’elle une équivalente 125.

Mais ces chiffres ne sont que des hypothèses.

Car Easy Watts ne donne aucune information autre que sa puissance « nominale » de 4 kW sur leur site.

Du reste, si on passe outre cette coquetterie, la Easy Watts e-roadster MAX est bien modeste : sa vitesse maximale est l’une des plus faibles du marché des équivalentes 125, son temps de recharge est astronomiquement long (entre 6 et 8 heures) et elle n’est pas si légère (113 kg).

Seul coin de lumière, son autonomie.

Avec les 95 km d’autonomie en ville garantis par sa batterie de 3,6 kWh (ce qui est une belle capacité pour une si petite moto), elle se taille la part belle au milieu des équivalentes 125 de faible puissance. 

C’est néanmoins bien insuffisant pour rattraper ses performances peu enthousiasmantes.

Un design de roadster imparfait pour la Easy Watts e-roadster

Quand on analyse un design, on l’aborde par deux axes :

  • Le premier est subjectif, puisqu’il repose sur la résonance que provoque l’esthétique de la moto,
  • Et le deuxième est objectif, car il questionne la pertinence de ce design.

Je vais commencer par la partie subjective, pour enlever le pansement aussi vite que possible : je ne suis pas convaincu par son design de roadster.

Car la Easy Watts e-roadster MAX est à l’image de beaucoup de motos chinoises importées en Europe : curieusement constituée. En effet, elle reprend tous les traits des roadsters actuels, mais avec une géométrie parfaitement contradictoire. Elle est infiniment courte, ses roues semblent empruntées à un scooter et sa selle biplace est plus proche d’une selle 1,5 places.

Mais vous l’avez bien compris, ça n’engage que moi.

Note : au passage, le design de l’autre moto de Easy Watts, la e-rock’n roll, est particulièrement référencé. Je vous conseille d’aller au moins jeter un coup d’œil.

En revanche, l’analyse de la pertinence est plus universelle.

Voilà ce que j’en dis : un roadster est par définition une moto polyvalente, pensée pour la polyvalence et optimisée pour la polyvalence. La polyvalence est donc son maître-mot, et il aligne toute sa conception avec cette idée.

Le problème, c’est que la e-roadster ne peut pas être une moto polyvalente.

Car avec les performances que l’on a vu plus haut, on doit se contenter de petits trajets à faible vitesse. Je ne trouve donc pas que cette esthétique de roadster colle avec ce qu’elle est.

L’usage quotidien et urbain de la Easy Watts e-roadster

Derrière son esthétique roadster, la Easy Watts e-roadster n’en reste pas moins une moto de ville :

  • elle a une faible puissance (ce qui n’est pas gênant en ville),
  • une faible autonomie (pas gênant non plus),
  • et tous les avantages des motos électriques (pas de bruit, pas de pollution).

Même si je ne connais pas son empattement ni son angle de chasse, je vois néanmoins qu’elle est très courte, ce qui la rend parfaitement confortable en ville. Et c’est un très bon point. 

Seul point noir au niveau de son usage : sa batterie charge lentement et n’est pas amovible.

Il faudrait que ça soit l’un ou l’autre, pas les deux. Car on pardonne une batterie non amovible si elle charge vite (un coup à la borne et on repart), et on pardonne un chargement lent si la batterie est amovible (on la prend à l’appartement et on la charge toute la nuit, au chaud).

Dommage.

Avec la Easy Watts e-roadster MAX, sa grande sœur équivalente 125, c’est la même chanson : vous ne sortirez pas de la ville.

En effet, avec sa géométrie extrêmement courte, vous ne tiendrez pas longtemps à des vitesses élevées tant vous commencerez à guidonner fébrilement. On se dit alors qu’il est heureux qu’elle n’aille pas au-delà de 75 km/h, car on n’en a en réalité pas du tout envie.

Donc cette petite moto ne fera que de la ville. Et en ville, ça ne fait aucun doute, elle est presque parfaite.

Elle manque certes de puissance, ce qui la rend très utilitaire, mais elle fait exactement ce qui lui est demandé de faire : rouler et se faufiler dans la circulation.

Mention honorable d’ailleurs pour son autonomie d’une centaine de kilomètres en ville qui vous permettra de ne jamais vous soucier de l’état de sa batterie dans un usage quotidien. Mention moins honorable en revanche pour sa batterie qui n’est hélas pas amovible non plus.

Le prix de la Easy Watts e-roadster : l’atout imbattable de l’importateur français

Voilà le gros point fort de la Easy Watts e-roadster.

Son prix est d’une efficacité folle : seulement 2 489 €. Par son prix infiniment bas (du prix d’un vélo électrique), on peut donc lui pardonner toutes les faiblesses évoquées plus haut.

Car grâce à ce prix, la e-roadster devient une moto entrée de gamme et non plus une « mauvaise moto ». Ses performances sont simplement alignées avec son prix. On a ce pour quoi on paie. Et c’est une très bonne chose, car c’est un positionnement parfaitement clair.

La Easy Watts e-roadster MAX, elle, est affichée en temps normal à 4 249 € (mais vous pouvez la trouver à 3 500 € lors des innombrables périodes de promotion qu’Easy Watts propose).

Face à ce prix indécent, la e-roadster MAX prend elle aussi tout son sens. Elle n’existe que pour être la moto électrique la moins chère de son segment. Et c’est un positionnement à la fois pertinent et utile.

Car il est possible que, comme moi, 10 000 € vous semblent douloureux pour une équivalente 125. 

Eh bien, si c’est votre cas mais que vous voulez absolument une moto électrique, la e-roadster MAX est là pour vous secourir. Elle ne vous rendra pas euphoriques de vitesse, mais elle vous permettra de passer à l’électrique.

Et aussi chinoise soit-elle, c’est toujours mieux que de rouler en thermique, en termes d’impact environnemental. Alors d’une certaine manière, la Easy Watts e-roadster MAX peut être vue comme la produit d’appel de tout le marché de la moto électrique.

Une empreinte environnementale moins bonne que la concurrence

  • Technologie du moteur : Brushless dans la roue
  • Technologie de la batterie : Lithium-ion NMC

Je me bats au quotidien contre les moteurs et les batteries chinoises.

Car je sais que si on veut que la moto électrique devienne réellement écologiquement viable, on doit se départir de nos sous-traitants chinois. En effet, c’est bien la fabrication chinoise (et asiatique en général) des moteurs et des batteries des véhicules électriques qui représente leur plus grande source d’émissions de gaz à effet de serre.

Mais il ne faut pas non plus être dupes.

Malgré l’absence d’exemplarité de ses composants chinois, un véhicule électrique chinois aura toujours sur sa durée de vie un impact environnemental plus faible qu’un véhicule thermique. Ce qui veut dire que quoi qu’il en soit, leur impact environnemental nécessairement est positif avant la fin.

Alors disons-le : les motos électriques chinoises sont utiles.

Mais je ne peux pas m’empêcher de considérer qu’on devra rapidement s’en passer.

En résumé : la Easy Watts e-roadster est une moto électrique low-cost

Je ne pense pas que les motos électriques telles que la Easy Watts e-roadster doivent s’installer durablement sur le marché, car elles ne font pas assez bien avancer la cause des motos électriques.

Mais en tant que première étape d’acquisition d’une moto électrique grâce à son prix très bas, elle fait parfaitement son travail.

Et à la fin, on ne lui en demande pas plus.

Donc si vous cherchez une première expérience sur une moto électrique sans casser votre PEL, la e-roadster est peut-être celle qu’il vous faut.

À l’inverse, je ne suis vraiment pas emballé par sa grande sœur, la Easy Watts e-roadster MAX.

Alors je vais être brutal : si vraiment vous n’avez pas plus de 3 500 € à votre disposition, vous n’aurez pas d’autre choix que cette moto. En revanche, si vous pouvez mettre un peu plus, préférez la TC Max de Super Soco. Elle est toute aussi chinoise, mais quand même plus amusante.

Découvrez le coulisses de l’industrie de la mobilité électrique

Inscrivez-vous à mon journal de bord pour comprendre comment sont conçus les véhicules électriques du marché — et découvrez un savoir-faire jusqu’à présent réservé aux grands constructeurs traditionnels.

+2 000 ingénieurs, concepteurs & passionnés inscrits.

⚠️ Ne vous attendez pas à une revue consensuelle des différents modèles véhicules électriques. Dans ce journal de bord, j’aborde frontalement les enjeux de production industrielle, les problèmes de tension sur les ressources naturelles, et l’impact des véhicules sur le climat.

Avatar de Julien Vaïssette

Si vous ne trouvez pas les réponses à vos questions…

Mon adresse e-mail est publique, et vous pouvez m’écrire à tout moment. La voici : julien@construire-sa-moto-electrique.org. Vous pouvez également me contacter via ce formulaire.

2 commentaires

  1. Jérôme

    Bonjour,

    Pour info le couple est de 83 nm à 450 tr/min.
    C’est actuellement sur le site dans l’onglet “Détail du produit”.
    Peut être que ce n’était pas le cas lors de l’écriture de ton article 😉

    • Julien Vaïssette

      Bonjour Jérôme,
      Merci pour la précision, c’est vrai que c’est dur de garder les infos à jour quand on n’a pas une armée de rédacteurs 😉

Donnez votre avis en un clic