La Tacita T-Cruise Turismo : une routière… pas vraiment au niveau

Désolé pour la Tacita T-Cruise Turismo, mais je passe mon tour : je ne suis vraiment pas convaincu par la gamme de motos électriques routières du constructeur.

Julien Vaïssette

Fanatique d'Excel, adepte de Camus & ingénieur en mécanique — Suivez la conception de mon prototype de moto électrique en cliquant ici.

T-Cruise Turismo Tacita moto électrique puissante

Cette fiche technique (un peu incendiaire) sur la Tacita T-Cruise Turismo s’inscrit dans ma volonté d’établir un classement de toutes les motos électriques puissantes.

Pour les classer, je les ai toutes analysées, puis je les ai notées.

Enfin, j’ai compilé toutes les notes dans un seul article qui vous guidera si vous cherchez votre prochaine moto électrique.

Commençons sans plus tarder à analyser la T-Cruise Turismo, pour voir ce qu’elle a à nous dire (même si vous pouvez jeter un œil à sa page de vente en parallèle).

Les performances de la Tacita T-Cruise Turismo : un labyrinthe insupportable

  • Puissance moteur : 44 – 34 – 27 kW (permis A ou A2, selon la puissance choisie)
  • Couple moteur : 100 – 81 – 60 Nm
  • Vitesse maximale : Non communiquée
  • Temps de passage de 0 à 100 km/h : Non communiqué
  • Capacité batterie : 27 – 18 – 9 kWh
  • Temps de recharge : Non communiqué
  • Autonomie : 322 km (pour 27 kWh), 220 km (pour 18 kWh) et 113 km (pour 9 kWh)
  • Poids : Non communiqué
  • Empattement : Non communiqué
  • Angle de chasse : Communiqué. Non, je rigole. Evidemment que non.

Je ne sais pas si vous avez lu la fiche consacrée à la T-Cruise Urban (la sœur de la T-Cruise Turismo dont on parle ici), mais je l’ai incendiée.

Littéralement. Je lui ai mis le feu.

Alors quand j’entame la rédaction de cette fiche, je crains le pire.

Mais quand je lis son nom, je me rassure immédiatement. Contrairement à sa sœur (presque jumelle, nous le verrons), la première partie de son nom n’est pas en contradiction avec sa deuxième partie.

Car cruise + turismo = oui, d’accord, ça fonctionne.

Maintenant que je suis rassuré, je peux passer à la suite de l’analyse.

Et malheureusement, si le nom change, le principe des puissances et des capacités multiples est conservé. Ainsi, on peut acheter une T-Cruise Turismo de 44 kW, ou une T-Cruise Turismo de 34 kW, ou une T-Cruise Tursimo de 27 kW.

Je me demande toujours sur quelle base le constructeur italien a tranché dans cet éventail de puissance, car je ne lui trouve aucun sens.

Le modèle 27 kW et le modèle 34 kW se cannibalisent, car les deux sont accessibles au permis A2, alors qu’un seul modèle aurait certainement suffi. Et le modèle 44 kW paraît bien seul à cette puissance bâtarde qui est inaccessible aux permis A2 et trop faible pour ceux qui ont le permis A et qui souhaitent s’amuser un peu plus.

Autrement dit, c’est le même constat que pour l’autre T-Cruise : le spectre de puissance est trop resserré pour avoir une plus-value, et trop vaste pour afficher une cohérence au niveau des modèles.

C’est une erreur.

Mais cette fois, ils ont fait encore mieux que pour la Urban.

Car ils proposent non pas deux packs différents, mais bien trois : un pack de 9 kWh, un de 18 kWh et un dernier de 27 kWh.

On passe donc du simple au triple. Au triple !

C’est du grand n’importe quoi.

Je ne sais pas qui leur a fait croire que c’est ce que voulait le marché, mais ils ont très mal été conseillés. Ou peut-être est-ce la preuve qu’ils auraient dû être conseillés.

Quoi qu’il en soit, il y a maintenant 7 variations de la T-Cruise Turismo.

Et malheureusement, une seule est plus ou moins pertinente : le modèle 44 kW et 27 kWh. Car c’est le seul qui affiche une autonomie décente pour une moto qui se veut routière.

En effet, même si une autonomie de 322 km est maigre par rapport à ceux que font les thermiques équivalentes, ça reste raisonnable. Ça permet de voir venir et de tracer un parcours de bornes de recharges. Les autres autonomies (220 km et 113 km) ne font quant à elles vraiment pas le poids.

D’ailleurs, en parlant de bornes de recharges, elle se recharge en combien de temps ?

Aucune idée, ils ne le disent pas.

Et elle monte à quelle vitesse ?

Aucune idée non plus.

Et son poids ? Ils ont donné son poids, au moins, non ?

Non, justement. 

En réalité, ils n’ont donné qu’une information intéressante : l’autonomie.

Les autres informations qui permettent de se faire un avis précis sur la qualité de la moto sont glissées sous le tapis. Ça donne une idée soit de leur incompétence, soit de la qualité de leur moto.

À vous de choisir.

Ah oui, j’oubliais : elle est équipée d’une boîte de vitesses.

Ça pourrait être une excellente chose, mais comme ils ne donnent aucun détail intéressant, savoir sa pertinence est impossible. À part faire parler d’elle dans les médias.

Ça semble leur suffire.

La note des performances du plus gros modèle de la T-Cruise Turismo, en comparaison avec les autres motos électriques routières : 1,48/5.

Son design est lisible, c’est toujours ça de pris

La T-Cruise Turismo a bien un design de cruiser.

Et ça, au moins, c’est rassurant. 

Avec sa bulle bien haute, sa position très assise, sa selle basse et son guidon caractéristique, on est en plein dedans.

Mais je suis forcé de constater que malgré tout, elle n’est pas très jolie. Le réservoir semble sortir de nulle part et la batterie prend un volume visuel assez hallucinant. Difficile de trouver une harmonie esthétique là-dedans.

En revanche, il y a un détail qui me titille.

On a vu plus haut que la Turismo et la Urban se ressemblaient plutôt beaucoup. Mais ce n’est rien quand on regarde leur design.

Ce sont les mêmes motos, à deux exceptions près : la bulle et le guidon.

C’est tout. Le reste n’est que cosmétique. 

Sa note : 2/5.

La Tacita T-Cruise Turismo veut répondre à un usage routier

Si j’oublie les variations à faible puissance et faible capacité qui n’affichent aucune pertinence en tant que cruiser, je dois reconnaître que le plus gros modèle semble faire exactement le travail qu’on lui demande.

Car aux cruisers qui roulent longtemps, on leur demande en somme assez peu de choses.

Du confort (la Turismo en propose), de la stabilité (je pense qu’elle en a aussi), une puissance convenable (idem) et une autonomie décente (la sienne est presque décente).

Et c’est quand même un très joli coup.

Car si les 322 km d’autonomie annoncés sont sur nationale, il y a de quoi rouler très longtemps avant de se soucier de la panne sèche. Et c’est très bien joué, car c’est justement sur ce point que les motos électriques actuelles peinent à se placer en tant que cruisers, empêchées par leur autonomie trop maigre.

Il faut donc rendre ce à César ce qui appartient à César : si la Tacita T-Cruise Turismo n’était que le modèle 44 kW et 27 kWh, ça serait une bonne moto.

La note de la pertinence avec laquelle le modèle 44 kW (surtout pas les autres, inutiles) répond à l’usage routier : 3/5.

Vous voulez vous arracher les cheveux ? Voici les prix de la Tacita T-Cruise Turismo

Le prix était un cauchemar pour la Urban, c’est un encore pire pour la Turismo.

Voici les prix de toutes les variations :

  • 19 977 € pour le modèle 44 kW et 18 kWh
  • 26 286 € pour le modèle 44 kW et 27 kWh
  • 18 199 € pour le modèle 34 kW et 18 kWh
  • 24 508 € pour le modèle 34 kW et 27 kWh
  • 12 690 € pour le modèle 27 kW et 9 kWh
  • 16 954 € pour le modèle 27 kW et 18 kWh
  • 23 263 € pour le modèle 27 kW et 27 kWh

Le prix de la T-Cruise Turismo s’échelonne donc entre 12 690 € (pour le modèle le plus inutile) et 26 286 € (pour le modèle le plus pertinent).

Drôle de grand écart. 

Mais si je compare ces prix au reste du marché, c’est à peu de détails près dans la moyenne. Ni plus intéressant, ni moins intéressant qu’ailleurs.

Hormis que la plupart des variations de la T-Cruise Turismo sont des motos moins bonnes que ce qu’on fait ailleurs.

La note du prix du modèle 44 kW et 27 kWh en comparaison avec les autres routières électriques : 2,12/5.

Son empreinte environnementale est désespérante

  • Technologie du moteur : brushless
  • Technologie de la batterie : Lithium-polymère

La T-Cruise Turismo est conçue de manière étrange.

Il n’y a donc pas de quoi s’étonner de constater que son impact environnemental n’est pas révolutionnaire.

D’ailleurs, il est même exactement dans la norme des motos électriques. Il est donc largement améliorable.

Les deux plus gros exemples sont les deux axes de différenciations des motos électriques : la batterie et le moteur.

En effet, la batterie est une lithium-polymère qui se sert très certainement dans les réserves (pourtant en tension) de cobalt et de nickel.

Mais vous comprenez, c’est pour le bien de l’humanité, car les motos électriques, c’est écolo.

Évidemment.

Concernant le moteur, c’est un moteur brushless. Et s’il n’est pas constitué de nickel ni de cobalt, les aimants permanents qui le tapissent sont en terres rares.

Dans son cas, ce sont elles qui posent un problème, car leurs excavations sont devenues aussi sales et insensées que le pétrole dans le siècle dernier.

Malin.

La note de cette mascarade : 2/5.

La Tacita T-Cruise Turismo ne vaut pas le détour

Sa moyenne générale : 2,12/5.


La T-Cruise Turismo est un peu plus pertinente que sa sœur. Mais il en faut plus pour convaincre.

Peut mieux faire.

4 commentaires

  1. Camille Chauvet

    Oui j’ ai bien conscience que vous ne pouvez pas être sûr tout les fronts. Vos analyses sont pertinentes et votre travail de fourmi me pousse inévitablement vers le choix des motos électrique pour mon usage domicile/travail(18 klm aller/retour en plein centre de Lyon , donc stationnement restreint et payant et surtout ZFE) 😉✌️👍

    • Julien Vaïssette

      En effet, ton usage colle parfaitement à celui auquel la moto électrique répond le mieux aujourd’hui.
      D’ailleurs, j’ai la conviction que c’est le cas de 13 millions d’autres français (j’ai vraiment fait le calcul), reste à voir s’ils en penseront autant 😉

  2. Camille Chauvet

    Bonjour ,
    Tout d abord inutile de polémiquer sur le fait que vous n avez pas été tendre avec la gamme t-cruise, mais vos arguments sont très peu discutable ( choix de la batterie par exemple…pourquoi Lithium-polymère ????)
    A savoir qu elles sont aussi proposées en 11kw donc elles auraient pu être présente dans la liste des équivalents 125 ( bon, toujours avec leur différents choix de batterie, capilotracter ) niveau esthétique, Tacita a au moins le mérite de proposer de vrai custom cruiser, alors que sur le marcher, autan thermique qu’ électrique, est inexistant. Ça ne doit pas être évident d installer un moteur électrique sur un cruiser et le rendre jolie…pour ma part, je ne les trouve pas si moche que ça.
    Après, les goûts et les couleurs….si j’ avais les moyens de acheter une zéro je ne le ferai pas, je ne les trouve pas moche mais je ne fait pas « wahou !!! » Qu en je en croise une …
    Sinon, pour info ,
    T-CRUISE URBAN -T15(11kw 60Nm):
    Petit (7,5 kWh) : 10,645 €
    Moyen (9,0 kWh) : 11,965 €
    Grand (18,0 kWh) : 16,229 €
    T-CRUISE TURISMO-T15(11KW/60NM):
    Batterie de (9,0 kWh ) : 12,690 €
    Batterie de (18,0 kWh) : 16,954 €
    Batterie de (27 kWh) : 23,263 €

    • Julien Vaïssette

      Re-salut Camille,
      Oui j’ai été relativement dur.
      Et d’une manière générale, je le suis pas mal avec beaucoup de motos électriques qui aujourd’hui me semblent être du « ni fait ni à faire ».
      Pour le fait qu’elles soient proposées en 11 kW, c’est que j’ai écrit cette analyse de toutes les motos de + de 11 kW quelques mois après avoir écrit celui des motos de 11 kW, et à l’époque, je ne savais pas qu’ils en proposaient. C’est pour ça que tu auras sans doute remarqué que le comparatif des équivalentes 125 est beaucoup moins fourni que les autres.
      Je comptais faire une mise à jour en 2021, mais pas le temps à cause de notre prototype (ça m’a pris 4 mois de travail quotidien de toutes les analyser mine de rien).
      Ce qui explique sûrement aussi pourquoi je suis dur 😉
      Et merci pour les précisions de prix pour la 11 kW 🙂

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