La Sarolea N60 : la sœur jumelle de la MANX7, en (beaucoup) plus chère

Je ne suis pas du tout convaincu par la Sarolea N60.

Julien Vaïssette

Fanatique d'Excel, adepte de Camus & ingénieur en mécanique ・ Suivez la conception de mon prototype de moto électrique en cliquant ici.

N60 Sarolea Motorcycles moto électrique puissante

Quand on souhaite concevoir une moto électrique, il est bon de connaître toutes les autres motos du marché. J’ai alors décidé d’analyser la Sarolea N60, et toutes les motos électriques puissantes (pour permis A et A2) que j’ai pu trouver.

Ensuite, j’en ai fait un grand classement. L’idée était de pouvoir les comparer entre elles, pour vous aider à choisir celle qu’il vous faut.

La N60 de Sarolea Motorcycles est donc passée à la moulinette. Et nous allons vite voir que je n’ai pas été convaincu.

Les performances stratosphériques de la Sarolea N60

  • Puissance moteur : 120 kW (permis A)
  • Couple moteur : 450 Nm
  • Vitesse maximale : 240 km/h
  • Temps de passage de 0 à 100 km/h : 3 secondes (2,8 selon certains)
  • Capacité batterie : 22 kWh
  • Temps de recharge : 20 minutes
  • Autonomie : 330 km en combiné
  • Poids : 217 kg
  • Empattement : 1430 mm
  • Angle de chasse : 24-24,5° (j’ai mesuré cet angle sur les images disponibles, car ils ne le communiquent nulle part)

La N60 est strictement (strictement, vraiment, j’ai vérifié ligne par ligne sur le site) la même moto que la MANX7.

La seule différence réside dans son poids, mystérieusement inférieur à celui de la MANX7 de 2 kg. Difficile d’en connaître la cause. Mais quoi qu’il en soit, c’est la même moto.

Ainsi, tout ce que j’ai dit sur la MANX7 est vrai pour la N60 :

  • sa puissance de 120 kW calme les moins convaincus,
  • son couple de 450 Nm fait déglutir ceux qui prennent le temps de lire ses caractéristiques,
  • même son passage de 0 à 100 km/h en 3 secondes la met dans le haut du panier des motos électriques,
  • son autonomie de 330 km en combiné est généreuse,
  • sa vitesse de pointe de 240 km/h est suffisante,
  • et son temps de recharge (20 minutes) est très faible.

Toute cette énumération est aussi vraie pour la N60 que pour l’autre modèle de Sarolea.

Même constat pour la géométrie de moto sportive, avec son empattement de 1430 mm et son angle de chasse de 24°. C’est parfaitement cohérent avec les performances citées juste au-dessus, qui sont des performances de sportive.

C’est donc très bien.

Mais il faut bien qu’il y ait quelque chose qui différencie ces deux motos.

Sans quoi, ça n’aurait aucun sens de les diviser en deux modèles différents, et de leur donner deux noms différents.

Rassurons-nous, car il y a bien quelques différences entre les deux modèles commercialisés par Sarolea. Or ces différences ne se situent pas dans les performances.

Elles se situent uniquement dans le design

La note de ses performances en comparaison avec celles des autres sportives électriques : 5/5 (il faut rendre à César ce qui appartient à César).

Son design est sublime

Dans la fiche qui s’intéresse à la MANX7, j’ai fait un éloge dithyrambique sur son design.

Je trouvais que ce look néo-rétro était une excellente idée, parfaitement alignée avec les forces des motos électriques.

Par chance, le profil de la N60 ressemble beaucoup à la MANX7.

Je réitère donc mes compliments : le design de la N60 est très intelligent.

Il s’amuse à faire des références aux motos GP des années 70 (sublimes par ailleurs) en les enrichissant avec des éléments très actuels (fibre de carbone, amortisseurs Ohlins à la gueule caractéristique, bras oscillant aux petits oignons).

C’est très malin, j’aime beaucoup, blablabla.

Ah tiens, je viens de m’agacer.

Car à nouveau, il n’y a pas beaucoup de différences entre la MANX7 et la N60. Les couleurs changent, la bulle disparait, les optiques sont modifiées, les poignées de frein deviennent oranges, la couleur de l’amortisseur passe du jaune à l’orange.

Que du cosmétique, rien de très marquant.

Et pourtant, ce sont deux motos différentes ! Alors quoi, serait-ce l’usage qui les différencie ?

La note sur son design : 4,5/5.

Un usage de sportive à utiliser au quotidien

Non. Pas d’un milligramme.

Car l’usage est dicté par les performances, qui sont les mêmes.

Alors comme sa sœur (jumelle), la N60 se sentira comme un gant en ville grâce à sa géométrie de sportive, tout autant qu’en campagne, grâce à ses accélérations musclées.

Je trouve ça vraiment très bien.

Car si on peut lui refuser de ne pas être pensée pour les longues distances, rappelons-nous que les sportives ne sont pas faites pour ça. Si on veut rouleur sur de longues distances, on achète une routière, et puis c’est tout.

Et on arrête d’exiger de la polyvalence quand il n’y a pas de raison d’en avoir.

La N60 répond parfaitement à un usage quotidien, et c’est très bien comme ça.

Mais je préfère baisser sa note par rapport à la MANX7, car avec un prix 50% supérieur, on a beaucoup moins envie de l’utiliser dans un usage quotidien

La note de son usage : 3/5.

Le prix de la Sarolea N60, en travers de la gorge

Nous en venons enfin à la vraie caractéristique qui sépare la MANX7 de la N60 : le prix.

En effet, la N60 coûte la somme faramineuse de 69 000 €, soit 20 000 € de plus que sa sœur.

Pour la même moto. Ça n’a strictement aucun sens.

À moins de changer le curseur psychologique avec lequel on la voit, et de la considérer comme une moto de luxe.

Et à ce moment, on comprend tout :

  • la N60 n’est produite qu’à 20 exemplaires : sentiment d’exclusivité, c’est très luxe ça.
  • la N60 n’est pas livrée toute seule, mais avec 3 cadeaux exceptionnels (un costume fourni par Cafe Costume, un casque de la marque Hedon et un très beau couteau en acier Damas offert par Studio Blade) : sentiment d’opulence, c’est très luxe ça aussi.

Et puis c’est tout. 

On pourra s’étonner des 20 000 € de différence qui justifient assez peu ces cadeaux (même s’ils sont très beaux).

Mais que voulez-vous, le monde du luxe est un monde surprenant.

Certains sont prêts à payer affreusement cher pour s’offrir un objet que personne d’autre sur Terre ne possèdera. Alors pourquoi pas une moto électrique accessible à seulement 20 chanceux ?

La note de son prix par rapport à celui des autres sportives électriques : 1,60/5 (pire note de la classe).

L’empreinte environnementale n’est pas sa priorité

  • Technologie du moteur : brushless
  • Technologie de la batterie : lithium-ion

Je n’aime pas du tout ce qu’a fait Sarolea Motorcycles avec la N60.

Et pour couronner le tout, prenons quelques instants pour mesurer les progrès que cette moto électrique permet aux enjeux environnementaux.

C’est très rapide : aucun.

Sur le plan environnemental, la N60 est une moto électrique banale.

Elle n’offre rien de plus que ses concurrentes. Son moteur utilise donc des terres rares comme toutes les autres motos électriques, et sa batterie est composée de nickel et de cobalt, comme toutes les autres motos électriques.

Alors qu’aujourd’hui, c’est documenté (scientifiquement, entendons-nous bien, je ne parle pas d’articles vaseux sur des blogs vagues), on sait que l’impact de ces technologies est loin d’être exemplaire.

Et il me semble que quand on investit dans une moto électrique, on le fait pour des raisons justement environnementales.

Alors certes, les motos électriques restent plus propres que leurs homologues thermiques. Mais il faut continuer l’effort, car ça n’est vraiment pas suffisant.

Sa note ? Comme la plupart des motos électriques : 2/5.

N’achetez pas la Sarolea N60, préférez l’autre modèle du constructeur

La N60 s’en sort avec une moyenne générale (qui n’illustre pas ma colère) de 3,23/5.


Je ne l’aime pas.

C’est dit.

Et si vous voulez une excellente moto, allez plutôt acheter la MANX7 du même constructeur, ça aura beaucoup plus de sens.

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