Ebroh

Ebroh est un constructeur espagnol de deux roues électriques, principalement d’équivalents 125.

Malgré sa belle expérience dans la fabrication de scooters électriques (12 modèles), la marque est encore assez peu connue en France. Alors je leur ai envoyé une demande d’interview, pour apprendre à mieux les connaitre.

J’ai pu m’entretenir avec Carlos Munoz, le directeur marketing. Álvaro Redondo, le CEO de Ebroh, a pu lui aussi répondre à mes questions. Voici leurs réponses.

Quelle est votre histoire en tant que constructeur ?

Ebroh a été fondé à Saragosse il y a cinq ans par un homme d’affaires espagnol, Álvaro Redondo. Il a décidé de parier sur les motos et les scooters électriques en créant sa propre marque, Ebroh.

Nous sommes situés dans la plateforme logistique de Saragosse, PlaZa.

L’entreprise s’appuie à la fois sur les 25 ans d’expérience de Redondo et de son équipe sur les marchés des secteurs industriel et automobile mondiaux.

Mais aussi sur leur grand amour pour les motos tout-terrain dans les premières années de leur jeunesse. Álvaro était en effet un lecteur avide de revues de motos espagnoles et françaises.

Nous défendons aveuglément l’utilisation de véhicules non polluants.

Nos avantages différentiels sont la conception de nos modèles et l’équilibre qualité-prix-performance.

Que représentent pour vous chacune de vos motos ?

Nous avons commencé il y a cinq ans avec une gamme de vélos de ville et de VTT.

Actuellement, notre best-seller est le vélo Ebroh Pasione, un concentré de technologie : structure en carbone, pliable et électrique avec une autonomie moyenne de 50 km.

À notre époque, il est utile d’avoir une telle solution de mobilité.

Il y a de nombreuses difficultés pour effectuer les trajets quotidiens dans une ville, les conflits entre les taxis et les VTC, la complexité de la gestion avec les transports publics ou le coût élevé que représente n’importe quel véhicule à carburant. C’est d’autant plus vrai dans des villes comme Barcelone ou Madrid, avec plus de quatre millions de trajets quotidiens en jour ouvrable.

Une telle solution est une excellente alternative.

On peut en dire autant de nos scooters et maxi-scooters (Spuma Li, Strada Max et Strada 20 TH).

Ce sont des produits fiables, qui représentent un coût mensuel très bas. Ils sont même subventionnés par les politiques publiques. Il y a aussi de plus en plus de possibilités de recharger les batteries, même gratuitement, en ville.

En 2020, nous avons sorti une équivalente 125 électrique, bien qu’avec un design de moto sportive de moyenne cylindrée : la Bravo GLE.

Que ce soit au niveau du concept, du design, de la maniabilité ou de l’accessibilité financière, c’était le bon moment pour proposer un tel modèle.

Quel est votre point de vue sur la question du prix ?

C’est l’un des points forts des motos électriques Ebroh. Et la réponse du marché montre clairement que c’est possible.

Ebroh se développer grâce à expérience qui s’accroît chaque jour. Par une excellente gestion des coûts, et aussi par le développement commercial de la société mère, Zeppelin Maquinaria (qui est en croissance depuis plus de 25 ans).

À l’origine, cette société mère est un leader du secteur primaire. Nous sommes des spécialistes dans de nombreux domaines technologiques et industriels, mais surtout dans le monde de l’agriculture et de l’élevage.

C’est ce qui nous permet de voyager, de connaître en profondeur l’industrie et les tendances automobiles qui émergent dans d’autres parties du monde.

Autre conséquence de cette activité : la défense de l’environnement est une priorité. Il n’y a pas de plus grand écologiste qu’un agriculteur.

La mobilité électrique est aujourd’hui réelle et il est nécessaire de générer des propositions et de les mettre en œuvre.

Les chiffres nous donnent raison. Il n’y a qu’à vérifier le taux de croissance des ventes de scooters électriques l’année dernière. Elle a été de 80%, tandis que celle des motos électriques a été proche des 60%.

Bon, voilà une question à débat. D’un point de vue environnemental, est-ce que le fait que les motos soient « électriques » est suffisant ?

C’est une question déjà prise en compte par les autorités européennes.

La Commission Européenne a mis en place des exigences obligatoires pour toutes les batteries commercialisées sur le marché de l’UE.

Ces exigences s’appuient sur l’utilisation de matériaux d’origine responsable avec une utilisation limitée de substances dangereuses, la teneur minimale en matériaux recyclés, l’empreinte carbone, la performance, la durabilité et l’étiquetage, ainsi que le respect des objectifs de collecte et de recyclage.

Tout ça est essentiel pour développer une industrie des batteries plus durable et compétitive en Europe et dans le monde.

Toutes les batteries collectées doivent être recyclées et certains niveaux élevés de récupération doivent être atteints, en particulier pour les matériaux précieux tels que le cobalt, le lithium, le nickel et le plomb.

Quelle est votre ambition ?

Jusqu’en 2020, nous avons ajouté trois scooters différents à notre gamme. Nous avons aussi développé en Espagne un modèle de moto 250 cm3, axé sur un marché plus gros et la validation B-A1.

Nous pensons que la Bravo GLE peut être la clé pour attirer un public plus jeune, et nous avons validé cette hypothèse grâce à l’attente que la Bravo GLE génère dans différents pays européens comme la France, la Belgique, les Pays-Bas, l’Autriche ou l’Allemagne.

Avec ce modèle, nous sommes les pionniers des motos électriques accessibles et nous sommes fiers de ces années de développement.

Nous avons mis beaucoup d’efforts dans son homologation à IDIADA (Tarragone, Espagne) et la base de la Bravo GLE va nous permettre de générer de nouveaux développements pour nous permettre de garder cette avance.

La Bravo GLE nous permet aussi de nous adresser à un public de motards, qui apprécie le rendement incomparable de ce type de moto. Et si les chiffres suivent, ce modèle deviendra très rentable.

Je vous laisse la conclusion : qu’est-ce que vous aimeriez dire à nos lecteurs ?

La France a particulièrement bien accueilli notre première moto homologée A1-B.

Dans quelques temps viendra un nouveau modèle pensé pour vous, et conçu avec des partenaires français.

Pour nous, la France est un marché prioritaire et nous aimerions continuer à accroître notre popularité chez nos voisins, en plus des nombreux autres pays européens déjà mentionnés.


Découvrez mon analyse de la Bravo GLE, en détail