La Ösa Lite, de Cake : une hybride citadine tout-terrain venue de Suède

Derrière son nom scandinave, la Ösa Lite de Cake est une interprétation très scandinave de la moto électrique équivalente 50. Du bon travail.

Julien Vaïssette

Fanatique d'Excel, adepte de Camus & ingénieur en mécanique — Suivez la conception de mon prototype de moto électrique en cliquant ici.

Ösa Lite de Cake moto électrique 50cc

Nous n’avons pas tous forcément envie d’une moto bodybuildée qui franchit le 0 à 100 km/h en 3 secondes. Une petite moto modeste (comme la Ösa Lite) peut aussi faire exactement ce qu’on lui demande.

C’est le cas des équivalentes 50, ces motos électriques accessibles et peu puissantes, mais qui sont très utiles.

Pour vous aider à choisir la vôtre, j’ai listé toutes les motos électriques 50 disponibles sur le marché, je les ai analysées dans des articles comme celui où vous vous trouvez, et je les ai classées dans un article que vous pouvez retrouver en cliquant ici.

Mais avant de regarder le classement, voyons ensemble ce que la Ösa Lite a à proposer.

Note : si vous voulez voir la page de vente du modèle avant, voilà le lien pour y accéder directement.

Les performances de la Ösa Lite sont parfaitement raisonnables

  • Puissance moteur : 4 kW
  • Couple moteur : 42 Nm, 151 Nm dans la roue
  • Vitesse maximale : 45 km/h
  • Capacité batterie : 1,5 kWh – 2,6 kWh
  • Temps de recharge :  180 minutes (1,5 kWh) – 312 minutes (2,6 kWh)
  • Autonomie : 60 km (1,5 kWh) – 92 km (2,6 kWh)
  • Poids : 70 kg
  • Empattement : 1340 mm
  • Angle de chasse : 23,5°-24° (mesuré sur les images disponibles, car ils ne donnent pas sa valeur dans la liste des caractéristiques)

151 Nm dans la roue, et 4 kW de puissance.

À première vue, ça peut paraître assez peu. Mais c’est le haut du panier des équivalentes 50.

Il est difficile de faire mieux en termes de couple, et il est impossible (règlementairement) de faire mieux en termes de puissance.

Ce qui nous donne déjà un indice du message que veut envoyer la Ösa Lite : une 50cc, oui, mais pas ridicule.

Le reste des caractéristiques de la Öta Lite est à peu près dans les normes de ce qu’on peut attendre d’une petite moto électrique :

  • elle monte à 45 km/h (ce qui est la limite règlementaire du permis AM),
  • elle offre une capacité de batterie modeste mais qui permet d’atteindre 60 km et 92 km selon le modèle.

C’est certes peu, mais quand on sait que l’écrasante majorité des trajets quotidiens font moins de 20 km, on ne va pas s’embêter à installer une autonomie titanesque.

D’autant que la batterie de la Ösa Lite est amovible, ce qui nous permet de la brancher la nuit dans notre salon et de l’avoir constamment chargée au réveil. C’est pratique et ça fait relativiser la faible autonomie (et le long temps de recharge, car il est long).

Cela étant dit, la particularité de la Ösa Lite n’est pas particulièrement dans les caractéristiques que je viens d’énumérer. Elles sont parfaitement classiques, et elles ne la différencient pas du reste de la troupe.

En revanche, celle dont je vais parler risque de vous étonner.

La Ösa Lite est pensée comme une moto urbaine (forcément, car 50cc), mais capable de rouler en off-road. Et sa manière de l’exprimer, c’est son poids dramatiquement faible (70 kg !), sa géométrie qui s’éloigne des villes (avec un empattement long pour une petite moto) et ses pneus de moto tout-terrain.

Je reviendrai sur ce sujet dans la partie sur l’usage.

Mais ce que je peux en dire maintenant, c’est que les caractéristiques techniques de la Ösa Lite sont très alignées avec l’idée que le constructeur Cake se fait des motos électriques.

Et sur ça, je ne peux que le saluer. Car ça rend la Ösa Lite clivante pour les bonnes raisons (sur de l’usage plutôt que sur de la provocation). 

La note de ses performances comparées aux autres équivalentes 50 off-road : 2,91/5.

Son design, c’est du jamais-vu

La Ösa Lite n’est pas la seule moto électrique de cette puissance qui fera tourner les têtes sur son passage.

Nous l’avons vu plus haut, ça ne sera pas pour sa pointe de vitesse ou son accélération. Ça sera évidemment par son esthétique venue d’un autre monde.

En effet, de mémoire, je n’ai aucun souvenir d’une moto qui ressemble de près ou de loin à celle-là.

En plissant les yeux, on pourrait lui trouver quelques inspirations. Mais objectivement, cette poutre rectangulaire et rectiligne sur toute sa longueur, personne n’a jamais vu ça ailleurs.

De même pour le phare, comme posé sur la poutre qui dépasse devant le guidon, comme une proue de bateau.

Seul le bas du cadre, en double berceau, reprend l’esthétique traditionnelle des motos que l’on connaît tous. À ceci près que le diamètre des tubes est si épais que ça ressemble à une Honda des années 60 (la Honda Monkey par exemple, ou la Motocompo, quelques années plus tard).

Je crois que la clé de son design est dans cette filiation avec les petites Honda du siècle dernier.

Elles étaient un peu folles, complètement en dehors de tous les critères esthétiques en vigueur, et elles sont devenues légendaires.

Je souhaite le même destin à la Ösa Lite, que je trouve effectivement hors norme, mais assez esthétique.

À ça, on peut ajouter le moteur et la batterie apparents, parfaitement nus et anguleux, qui cohabitent avec les courbes plus rondes du reste de la moto. C’est un équilibre assez harmonieux à mes yeux, même si j’imagine que ça doit en blesser d’autres.

Mais c’est dans le propos de la Ösa Lite : être une moto qui sort des cases

La note de son esthétique irréprochable : 4/5.

L’usage de la Ösa Lite est peut-être un peu trop en dehors des cases

Qu’est-ce qu’on trouve en grand nombre en Suède ?

Beaucoup de choses, certainement, mais on y trouve aussi beaucoup de campagne, de forêts, de montagnes et de chemins de terre. Pas étonnant alors que la Ösa Lite, qui vient de là-bas, ait des envies de tout-terrain.

Pourtant, même si elle le fait plutôt bien, je ne trouve pas ça très pertinent.

D’abord, car pour un prix pas beaucoup supérieur, on trouve des motos électrique tout-terrain équivalentes 125. À choisir, je préfère donc mille fois investir dans une moto qui développe 2 fois plus de puissance pour rouler en conditions difficiles.

Ensuite, ça ne me semble pas être l’usage logique d’une équivalente 50.

Car d’après moi, le off-road, c’est surtout pour se faire plaisir. Et je me demande où se trouve le plaisir quand on est bridé à 45 km/h avec des accélérations molles.

La seule situation pour laquelle l’usage off-road de la Ösa Lite est pertinent, c’est si on s’est fait confisquer le permis de conduire et qu’on veut quand même faire du off-road. Autant dire que ça ne fait pas beaucoup de monde à mes yeux.

En revanche, si on oublie cette visée off-road, la Ösa Lite se comportera parfaitement en ville, dans un usage très aligné avec sa puissance. Des trajets courts, entre le travail et le domicile ou entre la plage et le domicile de vacances.

La note qu’elle obtient pour son usage un peu brouillé : 2,5/5.

Un prix un peu haut pour une 50cc

La Ösa Lite se vend 6 500 € pour le modèle 1,5 kWh et 7 500 € pour le modèle 2,6 kWh.

Bon, ici, Cake donne le bâton pour se faire battre. Qu’est-ce que les opposants aux véhicules électriques reprochent aux constructeurs de véhicules électriques ?

Leur prix, leur prix, et encore leur prix.

Et la Ösa Lite, malgré ses lignes très séduisantes, ne peut que se prend un four en coûtant autant d’argent. C’est le prix d’une moto thermique neuve de 700 cm3.

Je suis assez déçu par ce prix, car quand je la vois avec sa batterie et son moteur intégrés de manière brute (ce que j’aime), je me demande ce qui justifie une telle addition.

La note de son prix relativement à ses concurrentes : 1,8/5.

La Ösa Lite tente de réduire son empreinte environnementale

  • Technologie du moteur : brushless
  • Technologie de la batterie : Lithium-ion
  • Autre : Modulaire, batterie amovible

J’ai remarqué que beaucoup (pas toutes, ne rêvons pas) des motos électriques équivalentes 50 ont une conscience écologique plus musclée que les motos électriques plus puissantes.

Ma théorie c’est que comme elles ne peuvent pas se satisfaire de performances hallucinantes, elles doivent être exemplaires ailleurs. Et je trouve ça très bien ! Car je regrette que les grosses motos électriques ne s’en inspirent pas.

La Ösa Lite s’inscrit donc parfaitement dans cette réflexion pour des motos électriques plus respectueuses de l’environnement.

La preuve par son effort de modularité, qui lui permet de ne changer qu’une pièce quand elle tombe en panne, plutôt que de changer un système entier.

Et l’autre preuve, c’est la batterie amovible, qui répond aux mêmes enjeux que la modularité.

Néanmoins, derrière ces efforts remarquables, je note que le moteur reste un moteur brushless, et la batterie reste une batterie lithium-ion. Autant dire que si je reconnais le travail qui est fait sur les deux points évoqués juste avant, ces deux points-là me laissent perplexe.

Car pour une petite moto, je ne comprends pas très bien en quoi on a besoin de la technologie de moteur qui affiche la plus grande densité énergétique, au prix d’un impact environnemental déplorable.

Même constat pour la batterie.

Autrement dit, c’est un bon début, mais il serait bon d’arrêter les beaux discours et de travailler encore plus.

La note de son impact environnemental : 3/5.

En résumé, la Ösa Lite est une moto qui va diviser

Sa note moyenne : 2,84/5 à cause d’un usage off-road pas réussi.


Et elle me divise, car je vois le travail et les intentions. Mais je vois aussi les défauts.

Et le prix est rédhibitoire pour moi.

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