La Kalk de Cake : la moto que j’aurais achetée (si je ne concevais pas la mienne)

Avec l’emblématique Cake Kalk, le constructeur suédois de motos électriques a fait un sublime travail.

Julien Vaïssette

Fanatique d'Excel, adepte de Camus & ingénieur en mécanique — Suivez la conception de mon prototype de moto électrique en cliquant ici.

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Disons-le de suite : Cake est l’un des constructeurs de motos électriques qui a le plus de potentiel. Et leur modèle Kalk en est une preuve bien réelle.

Ils sont en effet en train de réussir l’exploit de combiner une capacité en ingénierie très impressionnante (même la Nasa s’intéresse à eux) et un marketing rudement maîtrisé (même Pharrell Williams parle d’eux).

Et ce succès qu’ils construisent patiemment vient sans doute de leur modèle Kalk, qui est l’une des meilleures équivalentes 125 disponible sur le marché.

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Les performances de la Cake Kalk : tout en légèreté

  • Constructeur : Cake
  • Modèle : Kalk
  • Puissance moteur : 10 kW
  • Couple moteur : 42 Nm
  • Couple dans la roue : 252 Nm
  • Vitesse maximale : 90 km/h
  • Capacité batterie : 2,6 kWh
  • Temps de recharge : 3 heures (0-100%)
  • Autonomie : 83 km en ville, 35 km à 70 km/h
  • Poids : 79 kg (et 83 kg pour la version INK&)
  • Empattement : 1 310 mm
  • Angle de chasse : Non communiqué

La conception de la Kalk n’a été guidée que par un seul mot d’ordre : la légèreté.

La lecture de ses caractéristiques ne laisse en effet aucun doute sur cette conception axée uniquement sur la légèreté. Sa batterie de seulement 2,6 kWh (l’une des plus petites du segment des 125) en est la preuve. Et c’est aussi la meilleure explication de son poids inférieur à 80 kg.

Car avec un tel poids plume, la Cake Kalk est la moto électrique la plus légère des équivalentes 125. 

Mais il n’y a rien d’étonnant ici, quand on sait que la Kalk& se considère comme une moto tout terrain : avec ses pneus dual sport, son débattement de fourche (Öhlins par ailleurs) de 204 mm et son empattement relativement court de 1 310 mm, la Kalk est résolument à l’aise sur chemin de terre.

Or c’est bien connu, les motos tout terrain ont quelques ennemis, dont le principal est probablement le poids. Car si vous vous prenez les pneus dans un bourbier, vous devrez vous en sortir par la force de vos bras. Sans compter que quoi qu’il arrive, une moto légère est toujours plus maniable.

La Kalk a donc été pensée pour la maniabilité en conditions difficiles.

Et ce n’est pas son moteur qui va nous convaincre du contraire : avec un couple de 252 Nm dans la roue, il est capable de vous propulser en dehors de nombreuses situations périlleuses. 

D’ailleurs, la transmission est elle aussi une transmission de tout-terrain, puisqu’elle se fait comme il se doit avec une chaîne, et avec un rapport de transmission généreux (6, quand même !).

En faisant cette lecture de la Cake Kalk, on ne peut donc que s’extasier de sa pertinence.

Mais il ne faudrait pas oublier qu’en mécanique et partout ailleurs, choisir revient à renoncer. Et quand la Kalk choisit de peser autant que 3 pommes, elle renonce à d’autres avantages.

Celui qui est le plus visible, c’est l’autonomie.

En effet, la Kalk& propose une autonomie famélique de seulement 83 km en ville et 35 km à 70 km/h. C’est vraiment très faible. Mais à quoi pouvait-on s’attendre, avec une batterie si petite ?

Je ne dirais pas que ça soit un grand défaut, car nous sommes tous conscients que quand on choisit la légèreté, on abandonne l’autonomie. Surtout en moto électrique.

Mais je trouve qu’ils ont poussé un peu trop loin la logique. 

Et atteindre la barre de 100 km d’autonomie en ville aurait dû faire partie de leurs objectifs. Car je crains que cette autonomie limitée borne leurs chances de succès planétaire. Sans oublier que plus on décharge une batterie en profondeur, plus on réduit sa durée de vie.

Donc une petite batterie, oui. Mais si on doit vider la batterie jusqu’à 10% à chaque sortie, je ne suis pas sûr que ça soit le meilleur compromis.

Pour utiliser la Cake Kalk& dans les meilleures conditions du respect de batterie, il ne faut donc pas rouler plus de 30 km par jour.

Vous êtes donc fixés.

Si vous voulez vous acheter cette moto (j’y pense sérieusement de mon côté, car je l’aime beaucoup), assurez-vous que les trajets que vous allez faire avec seront relativement courts. Et que vous allez pouvoir la recharger après chaque utilisation.

Si c’est bon pour vous, alors vous allez peut-être pouvoir vous offrir son design, qu’on pourrait qualifier de reconnaissable si on voulait faire un euphémisme.

Le design de la Cake Kalk est beau, mais il faut l’assumer

Les goûts et les couleurs…

Je ne vais pas ici vous forcer à aimer le design de la Kalk. Car je veux bien m’accorder avec vous si vous le pensez : son esthétique est très spéciale.

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En revanche, j’aimerais vous signaler la pertinence de cette esthétique.

En effet, la Kalk est historiquement la première moto électrique qui a été conçue comme une moto électrique. Alors que jusqu’à son avènement, toutes les autres motos électriques étaient plus proches d’une moto thermique rétrofitée que d’une moto électrique pure souche.

Et forcément, cette conception en tant que moto électrique a impacté le design de la Kalk&.

Car lorsque les ingénieurs de chez Cake l’ont conçue, ils se sont rendu compte qu’ils n’avaient plus besoin d’utiliser le traditionnel cadre à la géométrie complexe.

Eux, ils n’avaient besoin que d’un cadre très étroit pour glisser les 2 modules de la batterie de la Kalk. Et si possible, ils se sont dit qu’il serait très pertinent que ce cadre soit si visible qu’il ferait oublier le besoin d’un faux réservoir.

Car oui, vous l’aurez remarqué, la Kalk n’a pas de faux réservoir.

À la place, elle a un cadre très visible. On voit très bien ses tôles découpées, pliées, et vissées entre elles qui couvrent un cadre en double-berceau extrêmement simple.

Et puis c’est tout.

« Moins, c’est plus » disent les américains. Ils ont raison de le dire en anglais, car ça sonne moins bien en français. 

Mais il semblerait que les Suédois de Cake se soient approprié cette devise. Car ils ont réussi à concevoir une moto dont la structure (le cadre donc) sert aussi d’enveloppe esthétique (pas de carénages donc).

Ils ont alors, d’une certaine manière, inventé un standard de design de moto électrique.

Un standard pour lequel il n’y a plus besoin de singer l’esthétique des motos thermiques. C’est audacieux, car ça créé un critère de forme extrêmement en rupture.

Peut-être trop ?

Seul l’avenir nous le dira.

Mais ce que je sais, c’est qu’à force de regarder cette moto, ses lignes inhabituelles me semblent moins inesthétiques que ce que j’avais perçu au premier regard. Etonnants humains, nous nous habituons à tous, mêmes aux formes les plus improbables !

Un usage tout-terrain : ville et chemins

La Cake Kalk répond à la définition de l’usage tout-terrain. C’est-à-dire qu’elle sera à peu près à l’aise sur tous les terrains auxquels elle sera confrontée.

Du moins, sa géométrie sera à l’aise.

Car il y a un détail qui pourrait lui ôter son confort : si elle n’a plus de batterie, elle ne servira plus à grand-chose. Et elle sera devenue un vélo encombrant et lourd.

Alors en effet, si on peut se satisfaire de son poids plus et de sa géométrie optimisée pour le tout-terrain, rappelons qu’avec 35 km d’autonomie à 70 km/h, nos sorties sur chemin de terre ne peuvent pas s’éterniser.

Ce qui me fait penser que la Cake Kalk n’est pas encore une solution optimale pour les sorties façon camping. Elle est plutôt pertinente dans un usage tout-terrain sportif, où on connaît à l’avance la durée du parcours et où l’objectif est de faire un chrono.

En revanche, il y a un terrain où elle fera l’affaire magnifiquement : c’est la ville.

Ou plus précisément, le navettage court.

Car dans ces conditions, on ne dépasse pas les 30 km quotidiens, et on se régale de sa maniabilité pour slalomer talentueusement entre les voitures.

Sans compter qu’avec ses 2 batteries amovibles, la Kalk& répond à tous les citadins qui n’ont pas accès à une prise dans leur parking collectif : il leur suffit de retirer les 17 kg de batteries (8,5 kg dans chaque main) tous les soirs, pour les brancher pendant la nuit sur une prise domestique.

Ce qui me fait penser que la Kalk est la meilleure moto électrique du marché pour cet usage très précis.

Surtout qu’elle coûte de moins en moins cher.

Un prix qui commence à être compétitif pour la Kalk

La Cake Kalk coûte 14 000 €.

C’est cher.

Mais c’est le prix d’une moto électrique équipée avec tout ce qui se fait de mieux en termes de partie cycle. Les suspensions Öhlins en sont d’ailleurs la marque la plus lisible.

Je trouve donc que la Cake Kalk est trop chère.

Mais la Cake Kalk existe aussi dans une version moins chère. La Kalk INK& est en effet exactement la même moto (à 4 kg près), mais elle coûte 11 500 €.

Exit tout ce qui est cher, on ne laisse que le plus important.

Ça reste toujours très cher, mais c’est déjà beaucoup plus raisonnable.

On s’approche en effet de la fatidique barre des 10 000 €. Une barre fatidique qui peut même être passée grâce aux différentes aides et bonus auxquels vous pourrez avoir accès. Et pour une moto fabriquée en Suède, c’est un prix qui est très compétitif.

Néanmoins, ne soyons pas indécents. 

11 500 €, ça reste encore très cher.

Trop cher pour beaucoup, dont moi. Car si on regarde les équivalentes thermiques neuves, ou si on se penche sur le marché de l’occasion (encore peu fourni en électriques), les 11 500 € sont encore très douloureux.

Mais les choses avancent à leur rythme. 

Et elles prennent le bon chemin. Car il y a fort à parier que lorsque la demande s’enflammera, les fabricants de motos électriques pourront un peu plus jouer sur des effets de volumes. Et à ce moment, la Kalk&, qui était déjà intéressante, deviendra presque imbattable.

L’empreinte environnementale : Cake est le meilleur élève

  • Technologie du moteur : Moteur à aimants permanents
  • Technologie de la batterie : Lithium-ion (cellules 18650), petite et amovible
  • Fabrication : la moto est faite en Suède

Ce dernier point de mon analyse de la Kalk est celui qui m’intéresse le plus.

Car je considère que l’une des raisons d’être des motos électriques réside dans leur impact environnemental inférieur à celui des motos thermiques. Ce qui me fait penser que par nature, elles doivent s’échiner à le minimiser autant que possible.

Et force est de constater aujourd’hui que ce n’est pas le cas.

Si bien que de nombreux motards refusent de passer de la moto thermique à la moto électrique, prétextant avec raison que les motos électriques ne sont pas encore exemplaires. Le problème c’est que la plupart des constructeurs ne font pas l’effort de leur donner tort.

Je dis la plupart car parmi les constructeurs, il y en a un qui sort du lot.

Et vous l’aurez compris, je parle ici de Cake. Car sur toutes leurs motos électriques, ils ont fait le maximum qui leur semblait accessible (on peut ne pas être d’accord sur leur vision du maximum) pour réduire leur impact environnemental

Par exemple, ils ont établi un partenariat avec Northvolt, qui produit des cellules lithium-ion en Suède.

Avec l’électricité suédoise bien moins carbonée que l’électricité utilisée par les 3 plus gros producteurs de cellules de batteries (Chine, Japon, Corée du Sud), c’est déjà un énorme progrès.

Aussi, leurs batteries sont amovibles.

Ce qui implique que si une batterie ne fonctionne plus, il suffit de la remplacer. On n’a donc plus besoin de jeter la moto à la benne à la première contrariété. Ça peut paraître anecdotique mais ça réduit drastiquement l’impact d’un véhicule, tant leur fin de vie est problématique.

Pour autant, ils ne sont pas encore parfaits.

Ils utilisent encore un moteur à aimants permanents, avec toutes les conséquences environnementales que ça implique. Et la chimie de batterie qu’ils ont choisie est sans doute la chimie NMC (Nickel Manganèse Cobalt) dont le cobalt est particulièrement inquiétant.

Mais quand même, il est bon de souligner leurs efforts.

Et je fais plus que les souligner car je le dis sans ambages : Cake est le constructeur de motos électriques le plus écolo du marché.

En résumé : achetez la Cake Kalk

Nul doute que la Kalk sera un exemple à suivre pour mon premier modèle. Et nul doute que je tâcherai de corriger les derniers défauts qu’il lui reste.

Les lecteurs de mon journal de bord en sont d’ailleurs témoins : l’accent sera mis sur l’autonomie et l’impact environnemental. Autrement dit, sur les 2 points d’améliorations de la Kalk.

Je vous invite d’ailleurs à vous inscrire à ce journal de bord, si vous êtes curieux.

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Mais nous l’avons vu, la Kalk est déjà une moto avec énormément de qualités.

Elle se permet en effet d’être la plus légère du marché, la plus écolo du marché, et c’est la moins chère des motos électriques occidentales. 

Alors si vous avez les moyens de vous l’offrir et que vous n’avez pas besoin d’une autonomie conséquente, je crois que la Kalk est – pour l’instant – la meilleure alternative qui s’offrira à vous. Et puis vous pourrez vous targuer d’avoir la même moto que Pharell Williams, si ça peut faire pencher la balance.

P.S. : si vous souhaitez découvrir la moto électrique sur laquelle je travaille en ce moment, soyez attentif au paragraphe ci-dessous.

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