La Cineco City Slicker est la citadine électrique la plus abordable du marché

Le fabricant chinois a décidé de produire sa moto électrique 50, avec la Cineco City Slicker. Qu’est-ce que ça vaut ?

Julien Vaïssette

Fanatique d'Excel, adepte de Camus & ingénieur en mécanique — Suivez la conception de mon prototype de moto électrique en cliquant ici.

City Slicker de Cineco moto électrique 50cc

Les motos ne sont pas obligées d’être des monstres de puissances. Il n’y a qu’à voir la Cineco City Slicker : elles peuvent aussi être des moyens de transports pratiques, faciles à garer et économiques.

Celles qui poussent cette logique à son maximum sont les motos 50cc, qui ne cherchent en rien les performances, juste la praticité au quotidien.

Et comme les motos électriques sont en train d’envahir petit à petit le marché, on trouve de plus en plus de motos électriques équivalentes 50. Je les ai toutes analysées, regroupées et classées dans un article.

Et dans ce classement, il y a bien sûr la City Slicker. Alors sans plus attendre, voyons si le géant chinois Cineco va avaler le marché. 

Des performances modestes pour un constructeur conquérant

  • Puissance moteur : 1,9 kW
  • Couple moteur : Non communiqué
  • Vitesse maximale : 45 km/h
  • Capacité batterie : 1,8 kWh
  • Temps de recharge : 300 minutes
  • Autonomie : 70 km
  • Poids : 100 kg
  • Empattement : 1265 mm
  • Angle de chasse : 24,5°-25,5° (mesuré sur les photos, car l’information est communiquée nulle part)

Cineco est une filiale du groupe Zongshen, le plus gros constructeur chinois de moto. D’après le site de Cineco, c’est aussi 800 ingénieurs et 12 500 employés.

À l’origine, Cineco se destine à la compétition, puisqu’ils ont participé plusieurs fois au championnat du monde de motos électriques.

Vous le sentez venir, le raz de marée venant de Chine ?

Ça y est, ils ont décidé de se lancer sur le marché des motos électriques grand public. Et à ma grande surprise, leur première moto électrique n’est pas si impressionnante.

D’abord, c’est une 50cc. C’est bête, mais on ne s’attend pas à une 50cc de la part d’un constructeur qui baigne dans la compétition.

Ensuite, les performances ne sont pas particulièrement remarquables :

  • le moteur de la City Slicker développe 1,9 kW de puissance (alors que le permis AM lui permet d’atteindre 4 kW),
  • et son couple moteur n’est pas communiqué (étonnant pour des afficionados de compétition).

Si on ajoute que la batterie est assez maigrichonne (1,8 kWh, on a vu mieux dans la concurrence), que l’autonomie fait partie du bas de tableau (70 km) et que le temps de charge est loin d’être le plus rapide des équivalentes 50 (6 heures, quand même), on voit mal ce qui doit nous faire peur.

Sans compter qu’elle affiche 100 kg sur la balance, ce qui est un peu généreux pour une 50cc.

Seule éclaircie à noter dans ses caractéristiques techniques : sa géométrie est très pertinente. En effet, son empattement très court de 1265 mm lui offre une grande maniabilité en ville et son angle de chasse relativement grand (environ 25°) lui garantit une stabilité qui n’est pas de refus.

Ainsi, derrière des performances en demi-teinte, on reconnait derrière la géométrie de la City Slicker une certaine maîtrise technique de la part des ingénieurs de Cineco.

Ils savent faire des motos, et ils le prouvent. Ce qui me questionne d’autant plus sur les performances très moyennes de la City Slicker.

Mais en creusant un peu plus, vous verrez bientôt que ce n’est pas un hasard.

La note de ses performances comparés à celles de la concurrence : 2,34/5.

La Cineco City Slicker et son design de roadster sportive

Je ne suis pas particulièrement convaincu par le design de la City Slicker.

Je reconnais l’effort qu’ils ont mis en œuvre avec le cadre en treillis rouge (qui est certainement une référence à Ducati), l’amortisseur arrière qui reprend la même couleur que le cadre et le réservoir racé.

Mais je ne comprends pas très bien ce qu’un roadster sportif a en commun avec une petite moto qui ne monte pas à plus de 45 km/h (en version bridée, car ils se targuent sur leur site d’atteindre 85 km/h).

C’est parfaitement antinomique. Et ça rend presque son usage ridicule.

Car son allure extérieure ne reflète pas du tout ce qu’elle cache en son sein. C’est une équivalente 50 ! Il n’y a vraiment pas de quoi frimer avec. Son esthétique brouille les pistes, et je n’aime pas les choses tordues.

Mauvaise note pour moi donc.

La note de son design : 2,5/5.

Un usage urbain, évidemment

Un « City Slicker », en anglais, c’est cet ami qui n’a jamais quitté la ville, et qui n’est pas vraiment à l’aise à l’idée d’enfiler des bottes pour aller marcher dans la campagne.

On comprend vite la signification de ce nom : la moto de Cineco est faite pour la ville, et ne vous avisez pas d’aller rouler dans la boue.

La City Slicker, malgré son esthétique d’aspirante sportive, est en effet une petite citadine.

D’ailleurs, on peut difficilement espérer mieux que des trajets courts et quotidiens avec une équivalente 50. Et ce n’est pas sa faible autonomie qui va nous convaincre du contraire.

D’autant que s’il y a bien un endroit où les motos électriques sont bienvenues, c’est en ville.

Elles ne font aucun bruit désagréable pour les passants, ne pollue pas l’air et n’exigent aucunement la présence de station services qu’on ne sait pas où cacher dans la ville.

Le nom de la City Slicker est donc du meilleur goût, car il nous montre enfin qu’ils savent ce qu’ils font chez Cineco.

Et ils ne s’arrêtent pas là, puisque nous allons évoquer la plus grande force de la City Slicker : son prix.

La note de la pertinence avec laquelle elle traite l’usage urbain : 3/5.

Le prix de la Cineco City Slicker est terriblement bas

2 699 €. C’est le prix de la City Slicker.

Mais c’est aussi le prix de l’Angell 2020, un vélo à assistance électrique qui développe 250 W (8 fois moins que la City Slicker). 

Alors oui, on dira que l’Angell est affreusement chère. Je vous suis, complètement ! Beaucoup trop cher.

Mais enfin, une moto électrique qui ne demande pas de pédaler et qui développe 8 fois plus de puissance, au même prix qu’un vélo électrique ? C’est parfaitement incroyable.

Et c’est quasiment imbattable.

On comprend alors les performances modestes. La stratégie de Cineco est d’attaquer le marché par le bas, en vendant l’une des motos électriques les moins chères du marché.

Je regrette évidemment cette stratégie, car c’est une invitation à compresser tous les prix (et les humains qui se trouvent derrière). Aussi car personne ne sort vainqueur de ce genre de compétition. Car on trouvera toujours quelqu’un capable de vendre moins cher.

Mais c’est la stratégie que Cineco a adopté avec sa City Slicker.

Et si j’aurais aimé qu’il en soit autrement, je ne peux que constater qu’ils sont diablement compétitifs.

La note de son prix tiré, par rapport à une concurrence qui ne se laisse pas faire : 3,26/5.

Une empreinte environnementale… pas si détestable

  • Technologie du moteur : Non communiqué
  • Technologie de la batterie : Lithium-ion
  • Autre : Batterie amovible

De la part d’une moto électrique low cost, on pourrait s’attendre à une empreinte environnementale scandaleuse.

Ce n’est pas le cas.

Elle est passable. Loin d’être exemplaire, mais passable.

Et elle décroche une mention passable uniquement grâce à sa batterie amovible. Car la batterie amovible permet de réduire le gaspillage et d’augmenter la recyclabilité.

Il est en effet plus simple de remplacer une batterie lorsqu’elle s’enlève avec une facilité enfantine. Et il est plus simple de recycle une batterie quand elle est déjà séparée de sa moto.

En dehors de ce point fort, c’est désespérant.

La batterie est une lithium-ion, très certainement une chimie au nickel manganèse cobalt (alors que le premier et le dernier de ces minerais sont en tension d’approvisionnement), et la technologie du moteur n’est même pas communiquée.

Désespérant, le mot est faible, mais je préfère ne pas être vulgaire.

La note de son empreinte environnementale : 2,5/5.

En résumé : la Cineco City Slicker ne convainc que par son prix

Sa moyenne générale : 2,72/5, dans le bas du tableau.


Si le budget pour votre moto électrique est serré, la Cineco City Slicker sera une bonne solution pour vous (aussi imparfaite soit-elle).

Car c’est toujours mieux que de faire crier un moteur de pétrolette.

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