La Super Soco TS : moins chère, mais tout aussi impressionnante

La Super Soco TS est le modèle le plus accessible du constructeur chinois (qui a récemment changé de nom pour Vmoto Soco). Verdict ? C’est du solide.

Julien Vaïssette

Fanatique d'Excel, adepte de Camus & ingénieur en mécanique — Suivez la conception de mon prototype de moto électrique en cliquant ici.

TS de Super Soco Vmoto Soco

Ce n’est une surprise pour personne, la Super Soco TS a l’ambition de dévorer le monde des motos électriques. Le constructeur chinois a d’ailleurs commencé avec les 50, puis les 125, et je ne serais pas surpris d’en voir une plus puissante arriver bientôt.

Cela étant, si Super Soco a l’appétit de Goliath, des constructeurs plus modestes ont l’ambition de jouer aux trouble-fête. Si bien que les modèles de motos électriques équivalentes 50 ne se limitent pas à celles de Super Soco. Il y a de belles surprises chez les autres, qui méritent le détour.

En attendant, la TS reste l’un des mastodontes des équivalentes 50. Et c’est aussi leur modèle le plus accessible. Voyons ce qu’il se cache sous ses carénages.

Les performances de la Super Soco TS sont conformes aux attentes

  • Puissance moteur : 2,4 kW
  • Couple dans la roue : 120 Nm
  • Vitesse maximale : 45 km/h
  • Capacité batterie : 1,56 kWh
  • Temps de recharge : 300 minutes
  • Autonomie : 80 km
  • Poids : 78 kg
  • Empattement : 1320 mm
  • Angle de chasse : 25°-26° (à peu près, car ils ne donnent pas cette information, j’ai dû mesurer l’angle de chasse sur les images disponibles)

Note : vous pouvez accéder à la page de vente en cliquant ici.


Il n’y a rien de très impressionnant dans les performances de la TS.

En effet, les concepteurs de chez Super Soco ont fait preuve d’une modestie pas désagréable, puisqu’elle est alliée avec une intelligence de conception remarquable.

Toute cette fiche d’analyse en sera la preuve, comme nous le verrons.

D’abord, la puissance.

Elle est de 2,4 kW, soit 1,6 kW inférieure au maximum autorisé par le permis AM. Mais pour contrebalancer cette maigre puissance, le moteur intégré à la roue développe un couple presque égal à ce qui se fait chez les équivalentes 50 les plus puissantes (120 Nm contre 151 pour la Ösa Lite qui développe 4 kW).

C’est un très beau compromis qu’ils ont trouvé, puisque c’est le couple qui décide de la capacité d’accélération d’une moto.

Et comme les 50 sont limitées légalement à 45 km/h, l’enjeu n’est pas d’avoir un moteur qui tourne vite, mais plutôt un moteur qui développe autant de couple que possible. Car si on se limite à 45 km/h, on valorise la capacité d’accélération.

Ainsi, la TS ne donne pas l’impression d’être une équivalente 50 faiblarde. Et sous ses airs de plus petite de la classe, elle en a dans le ventre (à la mesure d’une équivalente 50, évidemment).

La suite des caractéristiques techniques de la TS est à l’image de ce que nous venons de voir : avec des moyens modestes (une capacité de batterie de 1,56 kWh, l’une des plus faibles du marché), elle garantit une autonomie tout à fait raisonnable par rapport à la concurrence (80 km).

De même pour son temps de recharge. En 5 heures, elle est pleinement chargée, et c’est exactement dans la moyenne de ce qu’on trouve ailleurs.

Sans oublier que sa batterie est amovible. Ça lui permet alors d’être transportable lorsque la moto est garée. Et de ne pas se poser de questions sur la recharge qui se passe dans le salon, au chaud. 

Seul point faible à mes yeux, son poids.

En effet, la TS fait parties des motos électriques les moins puissantes du marché, mais son poids n’est pas aussi plume que ce que Super Soco laisse penser. 78 kg, c’est quand même 20 kg de plus que la e-roadster Easy Watts et 28 kg de plus que la Xubaka de Sodium Cycles.

Pour une moto qui se veut compacte, j’aurais espéré un poids moins conséquent.

Une explication de ce poids réside à mon avis dans la géométrie de la TS : elle n’a pas été conçue comme une toute petite urbaine. Pour preuve, elle affiche un empattement de 1320 mm (comparable à un empattement de 125) et un angle de chasse de 25-26° (comparable à une grosse cylindrée).

Elle souhaite donc incarner la moto certes urbaine, mais avec du caractère et la capacité d’une relative polyvalence. Un tel choix ne peut alors qu’augmenter le poids qu’affiche la balance.

La note de ses performances relativement à ce qui se fait sur son segment : 2,93/5.

Un design entre néo-rétro et roadster qui fait mouche

Ça, c’est le gros point fort des modèles de Super Soco.

Elles ne passent jamais inaperçues dans les rues de nos villes. Même moi, alors que je les connais assez bien, je me retourne à chacune de mes rencontres avec elles en me demandant qui a construit ces belles motos.

La faute à une esthétique roadster presque néo-rétro, qui masque à merveille le bloc monolithique de la batterie, et qui intrigue beaucoup. La finition n’est pas digne des plus belles motos de préparateurs, mais objectivement, c’est du très bon boulot.

Note : si le style cafe racer vous attire un peu plus, plus allez jeter un coup d’œil du côté de la TC. Ça devrait vous plaire.

Et son design est la confirmation qu’ils n’ont pas voulu produire une petite citadine frêle.

Elle ne ressemble en effet pas du tout à une 50, on s’attend plutôt à ce que son propriétaire nous affirme que c’est une 125. Et c’est très bien joué, car force est de constater qu’il n’est pas toujours simple d’assumer qu’on roule sur une petite 50. 

La note de son design : 3/5.

Un usage urbain pour la Super Soco TS (avec une petite touche de polyvalence)

Ne nous y trompons pas : c’est une moto de ville. Et ce, même si l’empattement de la TS pourrait être celui d’une 125. Elle est faite pour ça, pensée pour ça, et c’est dans cet univers qu’elle est la plus pertinente.

Tentez de la prendre sur le périphérique, et vous constaterez par vous-même que sa place, c’est dans les rues à 50 km/h.

D’ailleurs, il faut être fou pour imaginer rouler sur le périphérique avec une 50. Mais certains ont peur de rien. À leurs risques et périls.

La note de la pertinence avec laquelle elle répond à l’usage citadin : 3,5/5.

Le coup de grâce : son prix

La TS n’est pas la moto électrique la moins chère du marché.

Elle coûte en effet 2 890 €, soit 400 € de plus que la e-roadster. Mais dans ce prix, on peut compter sur le réseau de distribution très resserré sur le territoire français, qui garantit un service après-vente difficile à égaler pour les e-roadster.

Sans compter que si on prend un peu de recul, c’est le prix des vélos électriques premiums. À choisir, je préfère investir dans une moto, il n’y a vraiment pas photo.

La note de son prix en comparaison avec ce qui se fait dans la concurrence : 3,04/5.

L’empreinte environnementale n’est pas son combat 

  • Technologie du moteur : Brushless dans la roue
  • Technologie de la batterie : Lithium-ion
  • Autre : Batterie amovible

Ça, c’est le point noir de la Super Soco TS.

Mais à quoi doit-on s’attendre d’une moto chinoise ? Pour le moment, même si je parie sur un changement de paradigme dans les prochaines années dans l’empire du milieu, c’est le plus gros défaut des motos électriques chinoises.

Elles ne s’intéressent ni de près ni de loin à leur empreinte environnementale globale.

Elles se contentent d’une neutralité carbone pendant l’utilisation, considérant que c’est largement suffisant. Ça ne l’est évidemment pas, quand on observe l’urgence de plus en plus pressante qui nous pousse à changer notre impact sur la planète.

Ainsi, la TS est équipée d’un moteur brushless garni de terres rares qui sont pour le moment une catastrophe écologique. Et sa batterie est une lithium-ion, probablement avec une chimie Nickel-Cobalt-Manganèse, alors que les réserves des deux premiers minerais cités sont en train de fondre à vue d’œil.

Seul bon point, sa batterie est amovible.

Car il faut rendre à César ce qui appartient à César : une batterie amovible réduit le gaspillage lors des pannes, et facilite le recyclage. C’est donc une note positive, mais la réponse environnementale reste imparfaite. 

La note de son empreinte environnementale : 2,5/5.

Conclusion : la Super Soco TS sait ce qu’elle fait

Sa moyenne générale : 2,99/5.


Si votre budget est trop serré pour acheter une moto électrique plus respectueuse de l’environnement, la Super Soco TS reste une très bonne première étape.

Alors foncez, n’hésitez pas.

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