Les fournisseurs de pétrole : l’état des lieux

Mail du 30/06/2020

Julien Vaïssette

Fanatique d'Excel, adepte de Camus & ingénieur en mécanique ・ Suivez la conception de mon prototype de moto électrique en cliquant ici.

La Russie est largement en tête, Poutine se frotte les mains

___

Salut à tous,

Il est possible que nous manquions de pétrole en Europe dans moins de 10 ans.
Du moins, c’est ce que dit un rapport du Shift Project de 42 pages sorti tout récemment. Et comme ça nous concerne plutôt beaucoup, j’aimerais qu’on s’y attarde un peu.

Mais comme ce n’est pas ma spécialité, je pense qu’il est bon de repartir des bases.
C’est le seul moyen de se faire une idée précise de la situation. Et pour y arriver, je vais me détacher de la structure argumentée du rapport du Shift Project pour utiliser la méthode l’enfant fatiguant.

Vous savez, celui qui demande « pourquoi » constamment.
Son objectif est avant tout de comprendre ce qui se passe dans le monde qui l’entoure, avec son ciel bleu, ses camions qui font du bruit et les gouttes de pluie qui courent sur les vitres.

Ma première question est donc très simple : d’où vient le pétrole que l’on utilise en Europe ?

Ça me semble être la première chose à se demander. Car quand on dit que l’Europe va manquer de pétrole, ça veut certainement dire que nos sources actuelles de pétrole risquent de s’assécher.
Alors j’ai cherché cette information dans le rapport du Shift Project.

Et par chance, elle y est.

Plus précisément, elle est donnée par Rystad Energy, une agence indépendante de recherche spécialisée dans l’énergie. Elle a classé le poids de chaque pays dans les approvisionnements en pétrole à destination de l’Europe en 2018.

Et comme je ne suis pas avare en informations, je vais vous donner toute la liste, du plus gros pays fournisseur au plus petit :

  • Russie : 30%
  • Irak : 9%
  • Kazakhstan : 7%
  • Arabie Saoudite : 7%
  • Norvège : 7%
  • Libye : 6%
  • Azerbaïdjan : 5%
  • Iran : 4%
  • Royaume Uni : 4%
  • États-Unis : 2,4%
  • Mexique : 2,1%
  • Algérie : 1,8%
  • Angola : 1,4%
  • Brésil : 1,1%
  • Koweït : 1%
  • Égypte : 0,7%
  • Canada : 0,6%
  • Venezuela : 0,5%
  • Guinée équatoriale : 0,4%
  • Cameroun : 0,3%
  • Ghana : 0,3%
  • Côte d’Ivoire : 0,2%
  • Gabon : 0,1%
  • Tunisie : 0,1%
  • Autres : 1,6%

Ça fait pas moins de 26 pays.

Et il est notable que seuls la Norvège et le Royaume-Uni font partie des fournisseurs européens qui approvisionnent l’Europe en pétrole. Et ils se partagent 11% du marché, ce qui n’est pas rien.

Ça, c’est la carte de l’Europe.

Quant à la France, les chiffres ne sont pas exactement les mêmes que dans le reste de l’Europe, puisque notre pétrole venait en 2018 à 14% de Russie, à 16% du Kazakhstan, à 10% de l’Algérie et à 3% des États-Unis.

Autrement dit, la France boude beaucoup plus la Russie que le reste de l’Europe, tandis qu’elle fait bien plus affaire que ses voisins avec l’Algérie.

Voilà donc pour l’état des lieux.

Si on doit venir à manquer de pétrole avant 2030, ça voudra certainement dire que le pétrole venant des pays que j’ai cités plus haut arrivera en quantités contraintes et/ou limitées.

L’enjeu est donc maintenant de voir l’état du sous-sol de ces pays, pour vérifier où en sont leurs stocks en or noir.

À demain,

Julien

___

P.S. : Vous pouvez retrouver le rapport du Shift Project dont je parle dans ce mail juste ici.

Merci d'avoir lu jusqu'ici ! Maintenant, c'est à vous de vous exprimer.