Le paradoxe de la SR/F

Mail du 21/07/2020

Julien Vaïssette

Fanatique d'Excel, adepte de Camus & ingénieur en mécanique ・ Suivez la conception de mon prototype de moto électrique en cliquant ici.

Elle tourne moins vite mais elle va plus vite

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Salut à tous,

Après avoir analysé la Zero S, la TC Max et la Livewire, je me penche en ce moment sur la quatrième moto électrique qui attire le plus la lumière : la SR/F de Zero Motorcycles.

La première étape de mon analyse est toujours la même.
Je me rends sur la page produit du constructeur, et je collecte toutes les caractéristiques techniques qu’il veut bien nous donner. Et quand il est trop avare de détails, je creuse sur internet pour voir si je peux trouver mon bonheur ailleurs.

Pour la SR/F de Zero Motorcycles, on est servis.
Ils donnent bien plus d’informations techniques que nécessaires. Et comme vous pouvez l’imaginer, je ne m’en plains pas.

La suite, c’est d’analyser les performances du moteur.
Car une moto avec un moteur paresseux n’inspire pas confiance. Alors c’est le premier point d’intérêt que j’analyse. Et pour y parvenir, je trace les courbes caractéristiques du moteur.

C’est-à-dire que je trace l’évolution de la puissance et du couple fournis par le moteur en fonction de sa vitesse de rotation. Puis je compare ces courbes caractéristiques avec les courbes caractéristiques d’autres moteurs.

On peut alors savoir en un coup d’œil ce que vaut le moteur.
Généralement, cette analyse des courbes caractéristiques coule toute seule. Ce que je vois d’habitude est prévisible et confortable. Mais cette fois, ce n’est pas le cas.

Les courbes caractéristiques de la Zero SR/F sont originales. Vérifiez par vous-mêmes :

image.png

Cette courbe est la courbe caractéristique de puissance.
En orange, on voit celle de la SR/F. En bleu, c’est la Livewire de Harley, dont nous avons parlé en long en large et en travers la semaine dernière (je vous avais promis de ne plus en parler… raté !)

Voilà ce que je constate : malgré une puissance maximale proche (82 kW pour la SR/F contre 78 kW pour la Livewire), les deux courbes sont très différentes.
Celle de la SR/F est tassée, compactée entre 0 et 7500 tr/min. Alors que celle de la Livewire est beaucoup plus allongée et atteint les 15000 tr/min.

Jusqu’ici, on peut prendre note de cette différence sans trop sourciller.
On peut se dire que la SR/F, étant dotée d’un moteur qui tourne moins vite, doit rouler moins vite que la Livewire. Pas du tout ! Et c’est ici que réside le problème auquel je ne m’attendais pas.

La SR/F atteint les 200 km/h tandis que la Livewire ne dépasse pas 177 km/h.
Autrement dit, la SR/F atteint une vitesse maximale 13% plus élevée que la Livewire alors que son moteur tourne 2 fois moins vite. Intriguant.

Mais explicable.
Car en mécanique, point de hasard. Et nous verrons ça toute cette semaine. Pour attiser votre curiosité, cette différence peut s’expliquer de deux manières : la première est un échos de la semaine dernière, la deuxième est aérodynamique.

À demain,

Julien

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P.S. : Cette semaine, on va voir plein de courbes. J’espère que vous aimez ça 😉

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