Le bruit tue

Mail du 25/06/2020

Julien Vaïssette

Fanatique d'Excel, adepte de Camus & ingénieur en mécanique ・ Suivez la conception de mon prototype de moto électrique en cliquant ici.

Pas tant que ça mais quand même un peu

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Salut à tous,
Je ne suis pas pour la mise à mort des motos thermiques.
Je ne suis pas non plus favorable à l’interdiction complète et totale des véhicules thermiques en ville.

Pourquoi ?
Car je ne suis pas assez compétent sur la question. Et ces deux solutions me semblent beaucoup trop simplistes pour être efficaces.

C’est comme quand on joue au loup-garou (le jeu de société).
Quand le groupe tout entier accuse un seul joueur d’être le loup garou, la probabilité que ce joueur ne soit pas coupable est très grande. Car le coupable idéal est rarement le vrai coupable.

Je ne suis pas assez compétent pour donner un plan détaillé de la mobilité idéale.

Et je ne le serai jamais.
Par contre, je suis certain qu’en discutant avec un nombre élevé d’interlocuteurs compétents (mais jamais omnipotents), on peut arriver à quelque chose.

C’est la raison pour laquelle j’adore par dessus tout les conversations que nous avons lorsque vous répondez à mes mails.

Mais bref.
Ce n’est pas le sujet du jour.

Hier, je suis tombé sur une vidéo publiée par une journaliste du Monde qui parlait de la dangerosité du bruit du trafic.

Incroyable non ?
Elle s’est trouvée sur mon chemin alors que justement j’évoquais le problème du bruit des motos dans mes mails quotidiens. Les algorithmes de YouTube sont décidément beaucoup trop forts et inquiétants.

Cette vidéo est plutôt bien faite.
La journaliste prend le temps d’expliquer le problème du bruit ambiant, son risque sur notre santé, et les solutions pour réduire cette menace collective.

Au-delà des solutions proposées dont la pertinence est à questionner plus en profondeur, elle a parlé d’une mesure établie par l’OMS pour témoigner de l’impact de l’environnement sur la longueur de notre vie.

Cette mesure est baptisée DALY en anglais, ou AVCI en français(Année de Vie Corrigée du facteur d’Invalidité).
Elle permet d’estimer le nombre d’années de vie que l’on perd à cause des effets délétères de notre environnement. Sans préjuger de la validité de cette mesure, ça reste un indicateur très intéressant.

Dans sa vidéo, la journaliste fait référence à un rapport de l’OMS datant de 2011. Ce rapport s’est consacré à la mesure de l’impact du bruit environnemental sur notre santé.

Et les résultats qu’il présente sont assez évocateurs.
Selon leurs estimations, le bruit environnemental coûterait dans l’Union Européenne pas moins de 1,683 millions d’années de vie pour des causes aussi diverses que les maladies cardiaques ischémiques, le sommeil déréglé ou l’irritation.

Nous sommes aujourd’hui 446 millions en Union Européenne.
Si cette perte d’années de vie est répartie uniformément sur nous tous, ça ne représente qu’à peine plus d’un jour de vie perdue.

C’est ridicule.
Mais il faut être bien naïf pour croire que ces pertes d’années de vies se répartissent de la même manière chez nous tous.

Au contraire, car le bruit environnemental est insidieux. Il s’attaque infiniment plus durement à ceux qui y sont sensibles, ceux qui affichent une fragilité favorable à ce mal latent.

Il ne faut donc pas balayer du bras le problème du bruit.
Et de la même manière que je me protège du coronavirus essentiellement pour protéger les autres, il faut entendre le problème de santé publique que représente le bruit environnemental.

Voilà donc où j’en suis.

Le plus simple serait de me tourner vers les solutions définitives et faciles. Mais je m’y refuse. Les motos thermiques ne sont pas les Loups-Garous, ça serait dommage de les sacrifier.
Et à l’inverse, les motos électriques ne sont pas la solution magique que nous attendions tous pour enfin vivre heureux.

À demain,

Julien

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P.S. : Vous pouvez retrouver la vidéo du Monde juste ici : https://www.youtube.com/watch?v=da0yJj8PolA

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