La formule magique

Mail du 16/07/2020

Julien Vaïssette

Fanatique d'Excel, adepte de Camus & ingénieur en mécanique ・ Suivez la conception de mon prototype de moto électrique en cliquant ici.

Retour en octobre 2019

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Salut à tous,

Quand une roue tourne sur le sol, elle glisse obligatoirement.
Je m’en suis rappelé en rédigeant le mail de mardi dans lequel je calcule le couple dans la roue arrière de la Livewire. Car cette réalité a une lourde incidence sur le comportement de la moto.

Nous avons découvert ça dans l’article d’octobre 2019. Nous étions alors jeunes et insouciants. Et vous étiez beaucoup moins nombreux à nous suivre à ce moment-là.

Dans cet article, nous avons appris que lorsqu’une roue tourne sur un sol, elle glissera toujours un petit peu.

La seule manière d’éviter le glissement est de ne pas avancer et donc de se casser les dents par terre. Ce n’est pas exactement ce que nous recherchons quand nous enfourchons notre moto.

Mais nous avons appris quelque chose d’encore plus important.
C’est que le glissement de la roue dépend de la force qu’on met à la faire tourner. Et qu’il existe une formule, appelée « formule magique » qui permet de prédire le glissement de la roue en fonction de la force qu’on y applique.

Et puisque cette force n’est rien d’autre qu’un couple, la formule magique nous permet de calculer à l’avance le glissement de la roue arrière en fonction du couple qu’envoie le moteur dans la roue.
Bon, très bien.

Si on s’arrêtait là, ça serait pratique.

Mais ce n’est pas le cas. Car la formule magique nous apprend aussi qu’à partir d’un certain couple, la roue n’accroche plus du tout le sol et tourne dans le vide.

C’est exactement ce qu’il nous arrive quand on tourne trop brusquement la poignée sur de la terre battue et que notre roue arrière crée un nuage de poussière aussi somptueux que ridicule.

Autrement dit, il est possible de calculer avec la formule magique le couple maximum qu’on peut appliquer à la roue arrière. Car il est parfaitement inutile d’aller au-delà de ce couple si la roue glisse sans avancer d’un millimètre.

Ce couple fatal (appelons-le comme ça) dépend de 3 paramètres :

  • Le poids de la moto,
  • Le sol sur lequel on roule,
  • Et les pneus.

On imagine bien que plus on est lourd, plus notre pneu s’écrase contre le sol et donc plus le couple fatal est haut. Pareil pour les pneus, le couple fatal sera plus élevé pour des pneus tout-terrain que pour des pneus lisses.

Et idem pour le sol : un sol argileux sera plus glissant qu’un bitume sec.
En somme, cette formule magique agit comme le coup de bâton qui punit tous ceux qui ont les yeux plus gros que le ventre. Ceux-là mêmes qui équipent leur moto avec un moteur dont le couple les ridiculise par son surdimensionnement.

Cette formule magique est dans l’exacte lignée du mail de mardi qui montrait qu’il faut aller au-delà des apparences quand on fait de la mécanique moto.

Et je sens que la Livewire va peut-être en faire les frais.

Mais chaque chose en son temps. Ce mail est déjà bien assez long. Alors on verra ce qu’il en est demain.

À demain,

Julien

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P.S. : L’article dont je parle dans ce mail est l’article sur le glissement. Vous pouvez le retrouver ici : https://construire-sa-moto-electrique.org/liaison-sol/glissement-pneus-moto-electrique

P.P.S. : Et si vous avez raté le mail de mardi auquel je fais référence, vous pouvez lui aussi le retrouver sur notre site, en cliquant sur ce lien : https://construire-sa-moto-electrique.org/e-mails/je-me-suis-fait-pieger

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